Un dispositif qui séduit de plus en plus
La retraite progressive, qui permet de percevoir une part de sa pension tout en conservant une activité à temps partiel, a connu une hausse spectaculaire du nombre de ses bénéficiaires entre juin 2025 et juin 2026, selon les derniers chiffres publiés début juillet par la Caisse nationale de l'assurance vieillesse (Cnav).
"Entre le 30 juin 2025 et le 30 juin 2026, le nombre total de bénéficiaires a été multiplié par près de 1,9"
La progression observée est nette : la Cnav recense 66 800 bénéficiaires au deuxième trimestre 2026, contre 45 948 au 31 décembre 2025 et 34 798 au 30 juin 2025. Cette montée en puissance s'explique par plusieurs facteurs combinés.
Des assouplissements d'accès et des cohortes plus nombreuses
Selon l'organisme, l'accélération tient d'abord aux assouplissements successifs des conditions d'accès au dispositif : ceux-ci facilitent l'ouverture des droits pour un nombre croissant d'assurés souhaitant réduire progressivement leur activité plutôt que cesser immédiatement de travailler.
La Cnav souligne aussi l'effet démographique : l'arrivée à l'âge d'éligibilité de générations plus nombreuses, en particulier celles nées entre 1963 et 1966, augmente mécaniquement le vivier potentiel de candidats à la retraite progressive. Enfin, une meilleure information et une appropriation croissante du dispositif expliquent que de plus en plus d'usagers s'en saisissent.
Comment fonctionne la retraite progressive ?
Instaurée en 1988, la retraite progressive s'adresse aux assurés en fin de carrière qui souhaitent réduire leur temps de travail tout en percevant une fraction de leur pension. Les règles essentielles à connaître :
- L'activité à temps partiel doit représenter entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle.
- Pour les salariés au forfait jours, la fourchette s'établit entre 87 et 174 jours travaillés par an, sur la base d'un forfait annuel de 218 jours.
- Une retraite provisoire est calculée au moment de la demande et seule la part correspondant au temps non travaillé est versée : par exemple, un salarié travaillant à 65 % perçoit 35 % de sa pension.
Conséquences pratiques et points de vigilance
Sur le plan individuel, la retraite progressive facilite une transition graduelle entre activité et cessation d'activité, en combinant revenu salarial et versement partiel de pension. Pour les employeurs et les branches professionnelles, cette évolution nécessite d'anticiper les aménagements d'horaires et les questions de maintien des cotisations.
Du point de vue des régimes de retraite, l'augmentation du nombre de bénéficiaires modifie le calendrier de versement des pensions et la dynamique des cotisations, même si le dispositif ne constitue pas un départ à taux plein immédiat. La Cnav note par ailleurs que la montée en charge reste liée aux conditions d'information et aux pratiques conventionnelles sur le temps partiel.
Tableau : évolution du nombre de bénéficiaires
| Date | Nombre de bénéficiaires |
|---|---|
| 30 juin 2025 | 34 798 |
| 31 décembre 2025 | 45 948 |
| 2e trimestre 2026 | 66 800 |
Perspectives
La tendance observée invite à suivre plusieurs éléments : l'impact des nouvelles conditions d'accès sur la durabilité financière des régimes, l'évolution des pratiques d'emploi à temps partiel chez les seniors, et l'information des assurés sur les droits et les mécanismes de calcul. Si cette forme de départ progressif séduit de plus en plus d'actifs, elle soulève aussi des questions d'équilibre entre continuité d'activité, revenus des futurs retraités et charges pour le système de retraite.