Un recours en forte hausse
La retraite progressive séduit un nombre croissant de Français. Selon les chiffres publiés par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) et relayés par BFM, le nombre de bénéficiaires a presque doublé en un an : il est passé de 45 948 au 31 décembre 2025 à 66 800 mi-2026. En six mois, la hausse est également spectaculaire.
Pourquoi cet afflux ?
Plusieurs éléments conjoncturels et réglementaires expliquent ce mouvement. D'abord, les conditions d'accès ont été progressivement assouplies depuis plusieurs années. La Cnav souligne que cette progression est liée «
avec les assouplissements successifs de ses conditions d'accès». Concrètement :
- Depuis 2015, la retraite progressive est accessible jusqu'à deux ans avant l'âge légal de départ.
- Depuis le 1er septembre 2025, le dispositif est possible dès 60 ans pour les salariés remplissant les conditions.
- La condition de cotisation reste : avoir validé au moins 150 trimestres.
Un public élargi
Autre facteur : l'élargissement des publics éligibles. La mise en pause de la réforme des retraites initiée en 2023 a permis d'étendre l'accès à des catégories auparavant peu concernées, comme certaines professions libérales et des fonctionnaires, selon les informations rapportées. Ce basculement modifie l'équilibre entre actifs et retraités pour le dispositif et augmente mécaniquement le nombre de demandes.
Un employeur désormais plus limité dans son refus
La règle relative à l'accord de l'employeur a également évolué : depuis les modifications récentes, un employeur ne peut plus refuser la retraite progressive, sauf pour un « motif légitime ». Cette contrainte nouvelle facilite l'accès des salariés au temps partiel progressif couplé à une perception partielle de pension.
Conséquences pour les salariés et les finances
Pour le salarié, la retraite progressive permet d'aménager la transition entre activité et retraite complète : il réduit son temps de travail tout en percevant une part de sa pension. Le dispositif offre un compromis entre diminution d'activité et maintien d'un revenu, mais il implique aussi une adaptation des droits et du niveau de pension perçue à terme. Pour les régimes, la montée en charge du dispositif appelle à un suivi statistique et financier pour mesurer l'impact sur les prestations et sur l'emploi.
Chiffres clés
| Période | Nombre de bénéficiaires |
|---|---|
| Fin 2025 (31/12/2025) | 45 948 |
| Mi-2026 | 66 800 |
| Juin 2025 (référence) | ~35 000 (signalé en juin 2025) |
La Cnav ajoute que ce recours s'«
s'inscrit également dans une dynamique de meilleure connaissance et d'appropriation par les usagers». En clair, la combinaison d'une information accrue, de règles plus souples et d'une ouverture à de nouvelles catégories de travailleurs explique l'essor rapide du dispositif.
Reste à observer si cette tendance se maintiendra dans la durée et quelles seront ses conséquences budgétaires et sociales, notamment si la réforme des retraites revenait sur le devant de la scène par de nouvelles modifications législatives ou réglementaires.