Des erreurs fréquentes et coûteuses
La Cour des comptes constate que, pour l'année 2025, 11,1 % des pensions liquidées présentaient au moins une erreur financière. Rapporté à la durée de versement, l'effet cumulatif de ces anomalies est évalué à 1,1 milliard d'euros. Après une amélioration observée en 2024, la situation s'est détériorée en 2025.
Évolution des indicateurs
La Cour suit notamment le taux d'incidence financière des erreurs, qui met en relation le montant des anomalies et le total des pensions versées. Sur trois ans, cet indicateur a évolué ainsi :
| Année | Taux d'incidence |
|---|---|
| 2023 | 1,23 % |
| 2024 | 1,00 % |
| 2025 | 1,08 % |
La branche retraite s'était fixée comme objectif un taux de 0,85 %, et vise un niveau encore plus strict de 0,65 % à l'horizon 2027. En 2025, le taux réel dépasse ainsi la cible annuelle.
Où se logent les erreurs ?
Les anomalies peuvent intervenir à plusieurs étapes : l'ouverture des droits, le calcul du montant ou le versement. La Cour met en avant une cause fréquente : un nombre important de dossiers comportent des interruptions ou des omissions dans le relevé de carrière. Plus d'une anomalie sur deux est liée à un historique d'emploi incomplet ou mal enregistré.
Ce que doivent faire les futurs retraités
Pour limiter le risque d'erreur, la Cour recommande aux assurés d'anticiper. Les bonnes pratiques sont simples et précises :
- Consulter son relevé individuel de carrière sur info-retraite.fr dès que possible ;
- Vérifier et corriger les périodes manquantes 2 à 3 ans avant le départ effectif à la retraite ;
- Conserver les justificatifs d'emploi et signaler toute anomalie aux caisses concernées.
Conséquences et enjeux
Outre l'impact financier chiffré à 1,1 milliard d'euros, ces erreurs ont une portée durable pour les assurés : un montant de pension sous-estimé affecte les versements à vie. Pour la Sécurité sociale, corriger ces erreurs pèse sur les comptes et compromet les objectifs de fiabilité fixés par la branche retraite.
La modernisation des systèmes et des procédures administratives progresse, mais la Cour souligne que les moyens de détection et de correction restent insuffisants face à la nature récurrente des anomalies.