Un comportement d'épargne solide malgré un contexte incertain
Selon le Rapport annuel 2025 sur l'épargne réglementée de la Banque de France, les ménages français ont maintenu en 2025 un effort d'épargne élevé : le taux d'épargne s'établit à 17,9 % du revenu disponible, un léger recul par rapport à 2024, mais toujours nettement supérieur aux niveaux d'avant la pandémie.
Volumes mis de côté et destination des flux
Sur l'année, l'épargne nouvelle des ménages s'élève à 352 milliards d'euros. Une partie a été dirigée vers l'immobilier, mais une portion importante a rejoint des placements financiers : 128,4 milliards d'euros ont été versés sur comptes, livrets, contrats d'assurance-vie, actions et autres produits d'épargne.
- Épargne annuelle : 352 milliards d'euros
- Flux vers les placements financiers : 128,4 milliards d'euros
- Taux d'épargne : 17,9 % du revenu disponible
Un patrimoine financier en croissance
Le patrimoine financier total des ménages atteint 6 590,7 milliards d'euros à la fin de 2025, soit une progression de 2,7 % sur un an. Cette hausse tient à la fois aux nouvelles mises de fonds et à la valorisation des actifs détenus.
| Indicateur | Valeur 2025 | Variation annuelle |
|---|---|---|
| Patrimoine financier | 6 590,7 Md€ | +2,7 % |
| Produits de « fonds propres » (actions, unités de compte) | — | +4,7 % |
Évolution de la composition : actions en soutien
La montée des marchés boursiers a soutenu la valorisation des produits investis en actions. Les catégories dites de fonds propres (notamment actions et certaines unités de compte d'assurance‑vie) ont enregistré une progression de 4,7 %. À l'inverse, les placements plus sécurisés — livrets, dépôts bancaires, obligations et encours en euros — ont progressé de manière plus modeste.
Ces mouvements traduisent un arbitrage progressif : si la part des dépôts et des livrets reste dominante, les évolutions de 2025 montrent une réallocation partielle vers des actifs plus risqués lorsque les marchés progressent, tout en conservant une préférence marquée pour la sécurité.
Conséquences pour l'épargnant et pour le marché
Pour les ménages, la double réalité est claire : un stock d'épargne important, qui offre une capacité d'investissement, et une fragilité potentielle liée à la sensibilité du patrimoine aux variations de marché. Pour les acteurs financiers et régulateurs, la stabilité relative de la structure patrimoniale masque des dynamiques internes — hausse des actions, maintien des dépôts — qu'il faudra suivre si les conditions économiques ou les taux changent.
Au global, 2025 confirme que les Français restent de forts pourvoyeurs d'épargne, mais leur portefeuille évolue lentement sous l'effet conjugué des arbitrages individuels et des variations de marché.