Une pause attendue mais une menace de hausses persistante
Selon une enquête Reuters menée du 17 au 21 juillet auprès de 104 économistes, la Réserve fédérale américaine devrait maintenir son objectif de taux des fonds fédéraux dans la fourchette 3,50 % - 3,75 % lors de sa réunion des 28 et 29 juillet, et ne pas modifier ce niveau avant la fin de l'année. Cette prévision médiane reflète l'idée d'une pause durable, bien que la perception du risque d'une hausse ait récemment augmenté parmi les experts.
La modification notable de l'enquête tient à la réponse à une question distincte sur la probabilité d'une hausse des taux cette année : une majorité juge désormais cette probabilité "élevée", renversement par rapport au mois précédent où la majorité la considérait comme faible.
"élevée"
Pourquoi ce retournement ?
Deux éléments clefs expliquent ce glissement d'anticipations. D'une part, l'inflation aux États-Unis reste à un niveau significativement supérieur à l'objectif de 2 % à moyen terme de la Fed : la banque centrale n'a pas réussi à atteindre cette cible depuis plus de cinq ans. D'autre part, un choc sur les prix de l'énergie a ravivé les craintes d'un regain inflationniste. Les cours du pétrole ont repris près de 25 % en quelques jours après une nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient et des frappes américaines contre l'Iran.
Conséquences sur les marchés et l'économie
- Les marchés financiers anticipent désormais deux hausses de taux aux États-Unis d'ici fin mars 2027.
- Une remontée des taux américains pèse sur les coûts d'emprunt globaux et peut renforcer le dollar, ce qui importe aux entreprises françaises exposées aux matières premières et aux dettes en devises étrangères.
- La flambée du pétrole augmente le risque d'une inflation importée en zone euro, freinant le pouvoir d'achat et complexifiant la politique des banques centrales européennes.
Que disent les chiffres de l'enquête ?
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre d'économistes interrogés | 104 |
| Taux directeurs attendus pour juillet | 3,50 % - 3,75 % |
| Proportion ne prévoyant pas de changement d'ici fin 2026 | 78 / 104 (≈75 %) |
| Prévision de hausses sur les marchés | 2 hausses attendues d'ici fin mars 2027 |
Les choix de la Fed et leurs limites
Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a réaffirmé récemment que sa priorité restait de ramener l'inflation vers l'objectif de 2 %, sans détailler les moyens. Sur le fond, la banque centrale se trouve face à un dilemme classique : maintenir une politique restrictive pour combattre l'inflation, au risque d'affaiblir la croissance, ou temporiser pour éviter de perturber des marchés déjà vulnérables.
Pour l'heure, la majorité des économistes parie sur la prudence — une pause susceptible de durer jusqu'à fin 2026 — mais l'évolution rapide des prix de l'énergie et des tensions géopolitiques peut rapidement faire basculer ces anticipations vers des relèvements de taux. Pour les acteurs économiques en France, cela signifie rester attentif à la trajectoire du dollar, au prix des importations énergétiques et au coût du crédit, qui conditionneront l'inflation domestique et la croissance à court terme.