Un rendement attractif réservé aux ménages modestes
À l’heure où le taux du Livret A augmente de 1,5 % à 1,7 % au 1er août, un placement réglementé garde une longueur d’avance : le Livret d’épargne populaire (LEP) est rémunéré à 2,5 %. Comme le Livret A, ce produit est garanti par l’État, non imposable et l’argent reste disponible à tout moment. Son avantage : un taux encore significativement plus élevé, destiné à favoriser l’épargne des ménages aux revenus modestes.
Des conditions d’accès strictes mais simples à vérifier
Le LEP n’est pas ouvert à tous : il dépend du revenu fiscal de référence (RFR) indiqué sur l’avis d’impôt. Les seuils publiés pour le RFR 2024 (figures utilisées en 2025) sont :
| Nombre de parts | Seuil RFR (€) |
|---|---|
| 1 part | 23 028 |
| 2 parts | 35 328 |
| 3 parts | 47 628 |
| 4 parts | 59 928 |
| 5 parts | 72 227 |
| 6 parts | 84 527 |
La Banque de France estime qu’environ 20 millions de Français sont concernés par ces plafonds. L’ouverture est techniquement simple : il suffit de contacter sa banque et le versement initial demandé est modeste (30 euros selon les sources).
Un potentiel sous-exploité : 7 millions de non-ouvrez
Malgré ces facilités, RMC Conso rapporte qu’environ 7 millions de personnes ayant droit au LEP ne l’ont pas ouvert. Ce « gâchis », comme l’ont qualifié certains commentateurs, s’explique par plusieurs facteurs : méconnaissance du dispositif, inertie bancaire, ou orientation vers d’autres produits d’épargne (assurance-vie, livrets non réglementés) même si ceux-ci peuvent être moins sûrs ou fiscalement moins favorables.
- Plafond du LEP : le produit reste limité (plafond de dépôt), contrairement à certains livrets bancaires ou offres promotionnelles.
- Fiscalité : intérêts exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, comme le Livret A.
- Accessibilité : démarches simples en agence ou via son conseiller bancaire, versement initial faible.
Que retenir pour l’épargnant ?
Pour un foyer remplissant les conditions de RFR, le LEP constitue un placement de court terme très compétitif : il combine une rémunération supérieure au Livret A, une garantie étatique et une fiscalité avantageuse. En parallèle, des études récentes montrent une désaffection progressive pour le Livret A : selon un sondage mentionné l’an dernier, 81 % des répondants envisageaient de s’en éloigner au moins partiellement, et 64 % jugeaient la baisse continue du taux décourageante. Ces données illustrent un mouvement général des arbitrages d’épargne face à des taux bas sur les placements traditionnels.
En pratique, l’ouverture d’un LEP nécessite la vérification du RFR et la démarche auprès de sa banque. Pour les foyers éligibles, il s’agit d’un outil simple et défensif pour améliorer le rendement de la trésorerie disponible sans prendre de risques de marché.