Un produit réglementé qui retrouve de l'attractivité
Le rapport annuel de la Banque de France consacré à l'épargne réglementée confirme pour 2024 un retour marqué du Livret d'épargne populaire (LEP) auprès des ménages éligibles. Le nombre de titulaires atteint désormais 11,1 millions, et l'encours global dépasse les 84 milliards d'euros, soit une moyenne d'environ 6 902 € par livret.
Taux et comparaison : le LEP redevient attractif
La rémunération joue un rôle central dans cette dynamique : le LEP offre un rendement net d'impôt de 2,50 %, contre une rémunération annoncée du Livret A à 1,70 % à compter du 1er août. Cette différence de taux explique en partie que le LEP attire les ménages modestes — le rapport rappelle que 19,5 millions de personnes sont éligibles, alors que seulement une partie d'entre elles détient effectivement un LEP.
Encours et progression départementale
Au niveau national, l'encours moyen sur les LEP a progressé doucement : la Banque de France note une hausse moyenne de 2,5 % des sommes placées en 2024. Cependant, cette moyenne masque des écarts frappants entre départements. Un exemple notable : les Hauts-de-Seine, où les montants déposés sur les LEP ont bondi de 56 %. Le rapport signale que cette hausse s'explique en grande partie par des files de distribution spécifiques, notamment la mise à disposition du produit par certains acteurs bancaires.
- Nombre de titulaires : 11,1 millions
- Taux du LEP : 2,50 % net d'impôt
- Taux du Livret A (à compter du 1er août) : 1,70 %
- Encours total : plus de 84 milliards d'euros
- Moyenne par LEP : 6 902 €
Ce que cela signifie pour les ménages et les banques
Pour les foyers modestes, le LEP redevient un instrument de placement intéressant en raison de son rendement net et de sa disponibilité immédiate. Le rapport insiste sur le fait que de nombreux ménages éligibles n'ont pas encore ouvert de LEP, ce qui traduit un potentiel de migration de fonds depuis d'autres livrets réglementés, notamment le Livret A.
Pour les établissements financiers, la situation entraîne des enjeux opérationnels et concurrentiels : la promotion ou la distribution ciblée du LEP peut générer des mouvements d'encours significatifs — comme observé dans les Hauts-de-Seine — et modifier la structure des dépôts. Les banques doivent par ailleurs respecter les conditions d'éligibilité du LEP, liées aux ressources des ménages, ce qui implique des contrôles renforcés.
Tableau récapitulatif
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Titulaires | 11,1 millions |
| Encours total | plus de 84 milliards € |
| Moyenne par livret | 6 902 € |
| Taux LEP | 2,50 % net |
| Taux Livret A (1er août) | 1,70 % |
| Progression moyenne encours (2024) | +2,5 % |
| Hauts-de-Seine (variation) | +56 % |
Perspectives et points d'attention
Si le LEP profite aujourd'hui d'un contexte de taux relatifs favorables, plusieurs questions demeurent : la part des titulaires potentiels encore non couverte, la capacité des banques à assurer des contrôles rigoureux d'éligibilité, et l'impact des politiques commerciales sur la répartition territoriale des encours. Pour les ménages, l'arbitrage entre liquidité, fiscalité et rendement reste au cœur des décisions ; pour les autorités, il s'agira de veiller à ce que l'accès au produit garde son caractère ciblé et conforme à sa finalité sociale.