Un recours en forte hausse et des règles assouplies
Le dispositif de retraite progressive connaît un boom. Selon les chiffres récents relayés par la Caisse nationale de l'assurance vieillesse (Cnav), le nombre de bénéficiaires est passé de 45 948 au 31 décembre 2025 à 66 800 en seulement six mois. En clair, presque deux fois plus de salariés ont demandé à aménager leur fin de carrière.
Comment fonctionne la retraite progressive ?
La retraite progressive permet à un salarié de réduire son temps de travail tout en touchant une part de sa pension. Le mécanisme vise à faciliter la transition entre activité et cessation définitive du travail, en combinant salaire réduit et versement partiel de la retraite.
- Âge d’accès : accessible dès 60 ans pour certaines conditions depuis le 1er septembre 2025 ; auparavant, dans la plupart des cas, l’âge était fixé à 62 ans.
- Trimestres requis : il faut avoir validé au moins 150 trimestres.
- Restriction employeur : un employeur ne peut plus refuser la retraite progressive sauf pour un « motif légitime ».
Ces éléments explicatifs rappellent que la retraite progressive n’est pas une rente automatique : elle suppose un aménagement effectif de l’activité (baisse du temps de travail) et la réunion des conditions d’assurance.
Les raisons de l’essor
Plusieurs facteurs combinés expliquent cette montée en puissance :
- Assouplissements réglementaires : l’abaissement possible de l’âge à 60 ans et l’élargissement des catégories professionnelles éligibles (notamment les professions libérales et certains agents publics) ont élargi le vivier de candidats.
- Effet d’anticipation : l’incertitude autour d’une future réforme des retraites incite certains salariés à sécuriser une sortie progressive plutôt qu’un départ sec à l’âge légal.
- Pratiques d’entreprise : la suppression de la possibilité pour un employeur de refuser sans motif légitime facilite les accords individuels d’aménagement du temps de travail.
« avec les assouplissements successifs de ses conditions d’accès »
Conséquences pour les actifs et pour les comptes sociaux
Pour les salariés, la retraite progressive offre un outil de négociation : mieux répartir la diminution d’activité, recevoir une partie de la pension et conserver un contact avec le monde professionnel. Pour les employeurs, cela suppose d’adapter l’organisation du travail et parfois de prévoir des remplacements partiels.
Sur le plan financier, l’effet global dépendra de l’ampleur durable du recours au dispositif : plus de bénéficiaires peuvent entraîner un décalage des départs à taux plein et un impact sur les flux de cotisations et de prestations. Les chiffres de la Cnav, qui indiquaient aussi qu’en juin 2025 environ 35 000 personnes s’étaient déclarées bénéficiaires, montrent la rapidité du mouvement ces derniers mois.
Ce qu’il faut vérifier avant de demander
Avant d’engager une démarche, il est essentiel de :
- contrôler le nombre exact de trimestres validés (150 trimestres requis) ;
- vérifier l’âge d’ouverture de droit applicable à votre situation (dispositif possible dès 60 ans depuis septembre 2025 pour certains cases) ;
- négocier avec l’employeur la réduction du temps de travail et obtenir la confirmation écrite en cas d’accord.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Bénéficiaires fin 2025 | 45 948 |
| Bénéficiaires six mois plus tard | 66 800 |
| Nome de trimestres requis | 150 trimestres |
| Accès possible depuis | 1er septembre 2025 (dès 60 ans pour certains) |
La retraite progressive retrouve donc une actualité forte, au carrefour des choix individuels de fin de carrière et des décisions publiques sur l’avenir du système. Pour les salariés proches de la retraite, elle représente une option concrète et de plus en plus accessible pour préparer la sortie du marché du travail en douceur.