Une proposition radicale qui relance le débat sur durée du travail et âge de départ
Carlos Slim, homme d'affaires mexicain âgé de 86 ans et classé 15e fortune mondiale avec un patrimoine estimé à 121 milliards de dollars, a défendu une refonte drastique du rythme de travail : une semaine en trois jours, des journées de 11 à 12 heures et un départ à la retraite repoussé à 75 ans. Selon lui, ce modèle, basé sur la rotation des effectifs, permettrait de maintenir les salaires tout en doublant l'emploi dans son pays.
Le principe et les chiffres avancés
Il s'appuie sur l'idée qu'une réduction du nombre de jours travaillés, sans diminution du temps hebdomadaire — estimé par lui entre 33 et 36 heures — conduirait les entreprises à réorganiser leurs équipes et à créer de nouveaux postes. La proposition repose sur trois piliers :
- Semaine condensée : travail concentré sur trois jours.
- Journées rallongées : 11–12 heures par jour.
- Retraite repoussée : âge de départ à 75 ans.
Les implications pour les systèmes de retraite et le marché du travail
En France, ces préconisations heurtent plusieurs réalités institutionnelles et sociales. Le relèvement de l'âge de départ à la retraite soulève immédiatement des questions de cotisations, de durées d'assurance et d'acceptabilité sociale. Le compromis sur lequel reposent les réformes françaises combine durée de cotisation, décote/minoration et dispositifs de carrières longues : un simple report de l'âge légal sans ajustement des droits bouleverserait l'équilibre financier et la protection des travailleurs exposés à la pénibilité.
Effet attendu sur l'emploi : hypothèse optimale ou illusion ?
Carlos Slim affirme qu'une rotation des effectifs permettrait de créer des emplois pour les jeunes sans diminuer le revenu des salariés en poste. Cette vision suppose que les postes seront redéployés et que les secteurs pourront supporter des journées rallongées. Or, la productivité, la nature des métiers (santé, enseignement, travail manuel) et les contraintes réglementaires (temps de repos, sécurité) limitent la transposabilité d'un tel modèle.
Contraintes réglementaires et protection sociale
Les normes européennes et nationales encadrent aujourd'hui le temps de travail, les durées maximales quotidiennes et hebdomadaires, ainsi que les temps de repos. Adapter ces règles impliquerait une révision en profondeur du droit du travail et des conventions collectives. Par ailleurs, allonger la durée de carrière modifie le calcul des pensions : potentiellement plus de cotisations mais aussi des droits revalorisés à condition que l'emploi des seniors soit effectif et décent.
Questions pratiques et réactions anticipées
Plusieurs interrogations restent ouvertes : comment concilier journées plus longues et qualité de vie ? Quels secteurs pourraient appliquer ce modèle sans perte de productivité ou risques accrus ? Quelle serait la traduction concrète pour les régimes de retraite et pour les publics exposés à la pénibilité ?
"ouvrir de nouveaux postes et conserver leur productivité"
| Élément | Proposition |
|---|---|
| Jours travaillés | 3 jours par semaine |
| Durée journalière | 11–12 heures |
| Heures hebdomadaires visées | 33–36 heures |
| Âge de départ | 75 ans |
La proposition de Carlos Slim relance le débat sur l'organisation du travail et le financement des retraites. Pour la France, elle sert surtout de révélateur : toute modification profonde du rythme de travail ou de l'âge de départ exige une analyse fine des conséquences sectorielles, sociales et financières, ainsi qu'un large consensus entre partenaires sociaux et pouvoirs publics.