Un recours en forte hausse
Le nombre de personnes recourant à la retraite progressive au sein du régime général a connu une progression spectaculaire sur douze mois : il est passé d'environ 34 800 bénéficiaires au début de l'été 2025 à un peu plus de 66 800 fin juin. Ce quasi-doublement intervient alors que le total des nouvelles pensions liquidées en 2025 s'établit à un peu plus de 949 000, ce qui situe encore le dispositif comme minoritaire mais en forte dynamique.
Qu'est-ce que la retraite progressive ?
Créée en 1988, la retraite progressive permet de cumuler une activité à temps partiel et une fraction de pension, afin d'accompagner en douceur la transition vers la cessation complète d'activité. L'objectif affiché est d'offrir une alternative au départ brutal, en adaptant le rythme de travail aux capacités et souhaits des salariés proches de la fin de carrière.
Pourquoi cette accélération depuis 2024–2025 ?
Plusieurs facteurs expliquent l'essor récent :
- Assouplissement réglementaire : depuis le 1er septembre 2025, la demande peut être faite dès 60 ans, à condition d'avoir validé 150 trimestres. Avant, selon les générations, l'accès pouvait être repoussé jusqu'à 62 ans.
- Accord social : l'ouverture correspond à des orientations décidées dans l'accord national interprofessionnel de novembre 2024 sur l'emploi des salariés expérimentés.
- Extension des publics : le dispositif a été étendu ces dernières années à de nouvelles catégories professionnelles, notamment les fonctionnaires et certaines professions libérales.
- Meilleure information : la note de l'assurance-vieillesse souligne que le mécanisme est désormais mieux connu et adopté par un nombre croissant de travailleurs.
"les usagers" se l'approprient de plus en plus
Conséquences pratiques et enjeux
Pour les personnes concernées, la retraite progressive offre une option concrète pour réduire le temps de travail sans perdre totalement le versement de la pension. Concrètement, il faut
- avoir atteint l'âge requis (désormais possible dès 60 ans sous conditions),
- justifier de 150 trimestres validés,
- et répondre aux règles de calcul qui déterminent la part de pension versée en fonction du temps partiel exercé.
Pour les employeurs et les branches, cet engouement pose des questions d'organisation : adaptation des postes, gestion des temps partiels et maintien des compétences expérimentées. Du point de vue des finances publiques et des régimes, la hausse du nombre de bénéficiaires appelle à suivre l'impact sur les flux de pensions et les effets d'âge de liquidation.
Quelques repères chiffrés
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Bénéficiaires début été 2025 | 34 800 |
| Bénéficiaires fin juin (année suivante) | 66 800 |
| Nouvelles pensions en 2025 | 949 000 |
| Âge d'accès depuis 1er septembre 2025 | 60 ans (avec 150 trimestres) |
Si le dispositif reste encore minoritaire par rapport aux liquidations totales, sa progression rapide traduit un réel changement de pratiques : des salariés et des employeurs qui, confrontés à l'allongement des carrières et à la nécessité de préserver les compétences, cherchent des solutions intermédiaires. La trajectoire future dépendra à la fois de la poursuite des campagnes d'information, des réaménagements concrets du travail pour les seniors et des éventuelles nouvelles évolutions réglementaires.