Un recul de l'emploi marqué par la dégradation des indicateurs
Selon la note de conjoncture publiée par l'Insee pour le premier trimestre 2026, la Seine‑Maritime enregistre une hausse du taux de chômage de +0,7 point sur un an, la plus forte progression de la région Normandie. Sur le trimestre, l'augmentation atteint +0,2 point, illustrant une dégradation continue du marché du travail local malgré une apparente stabilisation de l'emploi salarié à court terme.
À l'échelle départementale, l'emploi salarié annuel recule de ‑0,3 %. Ces chiffres s'inscrivent dans un contexte régional déjà morose : la Normandie voit son taux de chômage moyen à 7,7 %, avec une hausse annuelle de +0,6 point. L'évolution contraste avec d'autres départements : l'Orne perd ‑1,3 % d'emplois sur un an, l'Eure recule de ‑0,2 % tandis que la Manche reste quasi stable (+0,1 %).
La construction, facteur aggravant mais potentielle relance
Le secteur de la construction apparaît comme un moteur inversé : l'emploi dans ce secteur recule de 0,5 % sur le trimestre au niveau régional et l'intérim marque un fléchissement. Ce tassement explique en grande partie la détérioration des indicateurs de la Seine‑Maritime et alerte sur la fragilité des débouchés pour les salariés du bâtiment et des industries connexes.
Cependant, plusieurs indicateurs avancés donnent des motifs d'attente prudente. Les mises en chantier de logements progressent de +9,6 % sur un an (mars), les autorisations de construire augmentent de +12,9 % et, signe encourageant pour l'activité non résidentielle, les surfaces autorisées pour les locaux non résidentiels bondissent de +15,7 % (contre un recul national de ‑7,6 %).
| Indicateur | Variation |
|---|---|
| Taux de chômage (Seine‑Maritime, 1 an) | +0,7 pt |
| Emploi salarié (Seine‑Maritime, 1 an) | ‑0,3 % |
| Mises en chantier (annuel, mars) | +9,6 % |
| Autorisations de construire (annuel) | +12,9 % |
Créations d'entreprises et défaillances : double signal
Le secteur du bâtiment montre des signes de redressement entrepreneurial : les créations d'entreprises dans le bâtiment bondissent de +32 %, tandis que les défaillances reculent de ‑12 %. Pour les employeurs, ces données sont encourageantes sur le papier, mais elles ne garantissent pas une translation immédiate vers des embauches stables : la conversion des autorisations et des mises en chantier en emplois effectifs reste la clé.
- Pour les salariés : la hausse du chômage accentue la concurrence sur les postes disponibles, en particulier pour les intérimaires et les ouvriers du bâtiment.
- Pour les demandeurs d'emploi : les perspectives à court terme restent contraintes, même si la hausse des permis peut signifier des opportunités à moyen terme si les chantiers démarrent.
- Pour les employeurs : convertir la reprise administrative (permis, autorisations) en activité réelle exigera du financement, des débuts de chantier rapides et des solutions face à la pénurie éventuelle de main‑d'œuvre qualifiée.
Cette publication confirme que la Normandie traverse son sixième trimestre consécutif de repli d'activité, en phase avec un ralentissement national soutenu par des tensions géopolitiques mondiales. La temporalité de la reprise du bâtiment et la capacité des acteurs locaux à lancer rapidement les chantiers autorisés détermineront si la hausse du chômage constatée se stabilisera ou s'inversera.