Un relèvement mécanique du Livret A à 1,7% confirmé
Le ministre de l'Economie, Roland Lescure, a annoncé le 15 juillet 2026 la hausse du taux du Livret A à 1,7% à compter du 1er août 2026. La Banque de France a appliqué la formule de calcul prévue par le cadre réglementaire, sans intervention discrétionnaire : il s'agit d'une application arithmétique de la règle conçue pour préserver le pouvoir d'achat de ce placement réglementé.
Sur l'année 2026, le Livret A aura donc cumulé deux paliers : 1,5% pendant six mois (février–juillet) puis 1,7% pour la seconde moitié. Le taux moyen applicable au calcul des intérêts de l'année sera de 1,6%.
Que rapporte concrètement le Livret A en 2026 ?
Un exemple simple éclaire le rendu pour l'épargnant : placer 1 000 euros sur l'ensemble de l'année 2026 (versement en fin décembre 2025 et sans retrait) donnera droit à 16 euros d'intérêts versés début 2027, soit un rendement moyen de 1,6% sur l'année.
| Période 2026 | Taux |
|---|---|
| Janvier | 1,7% |
| Février–juillet | 1,5% |
| Août–décembre | 1,7% |
| Moyenne annuelle | 1,6% |
Assurance‑vie : rendement attendu, mais comparaisons délicates
Sur le papier, les fonds en euros de l'assurance‑vie sont annoncés autour de 2,9% pour 2026. À première vue, l'écart avec le Livret A paraît net. Mais comparer ces deux chiffres sans nuance est trompeur :
- le rendement des fonds en euros est brut ; il peut être soumis à fiscalité (impôt sur le revenu ou prélèvement forfaitaire unique) et prélèvements sociaux, contrairement au Livret A qui est exonéré ;
- le rendement du fonds en euros est une estimation de l'année et n'est pas « garanti » dans la même formule règlementée que le taux du Livret A ;
- les profils de liquidité diffèrent : le Livret A offre une disponibilité immédiate et une fiscalité nulle, tandis que l'assurance‑vie combine disponibilité et avantages fiscaux progressifs selon la durée, avec des règles spécifiques en cas de retrait.
Inflation et pouvoir d'achat : le Livret A ne suffira pas en 2026
La guerre au Moyen‑Orient et d'autres facteurs ont relevé l'inflation en 2026. Selon l'analyse reprise dans les annonces officielles, l'inflation annuelle dépassera les capacités du Livret A à la compenser : le Livret A ne devrait pas battre une inflation proche de 2% sur l'année 2026. Autrement dit, même si le taux monte à 1,7% au second semestre, le rendement réel (déflaté de l'inflation) est vraisemblablement négatif pour l'année.
« Face à l'inflation contenue mais réelle, et aux incertitudes liées à la crise au Moyen‑Orient, j'ai décidé de relever le taux du Livret A à 1,7% dès le 1er août 2026 »
Ce que cela signifie pour les épargnants
Les arbitrages dépendent des objectifs : sécurité et liquidité immédiate favorisent le Livret A (exonération fiscale, disponibilité), tandis que recherche de rendement sur le moyen terme peut orienter vers l'assurance‑vie, en tenant compte de la fiscalité et du profil du support (fonds en euros vs unités de compte). Concrètement :
- le Livret A reste pertinent pour une poche d'épargne de précaution ;
- l'assurance‑vie peut offrir un rendement nominal supérieur, mais il faut intégrer prélèvements sociaux, impôt et horizon de placement ;
- aucun des deux n'assure automatiquement une protection complète contre l'inflation 2026 : il faut envisager la diversification selon le besoin de liquidité et la tolérance au risque.
Pour les décisions individuelles, il convient d'examiner les situations personnelles (horizon, besoin de liquidité, fiscalité) et d'interroger les simulateurs et les notices des contrats — sans se fier uniquement aux pourcentages affichés.