Une hausse modeste mais symbolique
Le gouvernement a annoncé que le taux du Livret A passera de 1,5 % à 1,7 % à compter du 1er août 2026. La décision, officialisée le 15 juillet par Roland Lescure sur TF1, reprend l'avis formulé plus tôt dans la journée par la Banque de France et son gouverneur Emmanuel Moulin. Il s'agit d'une hausse de 0,2 point, la première depuis le début de 2023.
Pourquoi ce relèvement maintenant ?
Les autorités expliquent ce réajustement par le contexte inflationniste : un rebond des prix lié, selon la communication officielle, aux tensions au Moyen-Orient. La Banque de France a estimé que le nouveau taux de 1,7 % restait supérieur à l'inflation moyenne observée sur les six derniers mois, justifiant ainsi un relèvement limité mais défensif pour le pouvoir d'achat des déposants.
Quelles conséquences pour les épargnants ?
Le Livret A reste un produit liquide, garanti et exonéré d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Mais sa rentabilité relative reste faible face à d'autres placements. Pour mesurer l'effet concret de la hausse, quelques repères :
- Augmentation de 0,2 point du taux applicable à partir du 1er août.
- Application automatique : les banques mettront à jour le taux sans démarche des titulaires.
- Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) suivra le même mouvement.
| Produit | Taux avant | Taux après |
|---|---|---|
| Livret A | 1,5 % | 1,7 % |
| LEP | 2,5 % (maintenu) | |
Le poids du Livret A dans l'épargne des Français
La portée de cette décision ne se limite pas à un ajustement technique : fin mai, les 58 millions de Livrets A détenaient 444,6 milliards d'euros, selon la Caisse des dépôts. Ce stock massif d'épargne a relativement peu évolué depuis le début de 2025, la détention restant élevée malgré une attractivité réduite ces dernières années lorsque le taux n'avait pas suivi l'inflation.
L'exception du LEP
Le choix concernant le Livret d'épargne populaire (LEP) est différent : son taux est maintenu à 2,5 % au 1er août 2026. La Banque de France avait pourtant évalué, selon la formule de calcul existante, un niveau proche de 2,2 %, mais les autorités ont opté pour un maintien à 2,5 % afin de préserver le pouvoir d'achat des ménages modestes bénéficiaires de ce produit.
Ce que cela change (ou pas) pour les arbitrages
Une hausse de 0,2 point améliore légèrement le rendement nominal du Livret A, mais ne transforme pas son profil : liquidité, sécurité et fiscalité restent ses principaux atouts, tandis que son rendement réel dépendra de l'évolution future de l'inflation. Pour les montants importants ou pour chercher un rendement supérieur, certains épargnants continueront d'examiner d'autres véhicules (produits d'épargne réglementée à taux supérieurs, livrets bancaires, placements à terme ou assurance-vie), en gardant à l'esprit la différence entre disponibilité immédiate et horizon de placement.
En somme, le relèvement du Livret A à 1,7 % constitue un signal de réactivité des autorités face à l'inflation retrouvée, sans pour autant modifier profondément la hiérarchie des choix d'épargne pour les Français.