Séance délicate à Wall Street : semi-conducteurs en repli, taux en hausse
La séance de jeudi a tourné à l'avantage des vendeurs à New York : le S&P 500 a cédé 0,50% pour clôturer à 7 533, le Dow Jones a lâché 0,2% à 52 550 et le Nasdaq Composite a enregistré une baisse plus marquée de 1,47%, à 25 880. Le Nasdaq-100 a de son côté perdu 1,6%, terminant à 29 025 mais a préservé de justesse le support technique situé à 29.030, testé auparavant le 25 juin en clôture et le 8 juillet à l'ouverture.
Le principal moteur de la faiblesse sectorielle a été l'indice des semi-conducteurs SOXX, qui a reculé de façon marquée (-4,5%) sous l'effet de baisses individuelles prononcées : SanDisk -13%, Seagate -10%, Western Digital -9,1%, Micron -5,7%. Malgré cet écrasement sectoriel, le ratio advance/decline est resté étonnamment équilibré, autour de 50/50, y compris au sein du Nasdaq-100.
Deux facteurs ont limité l'ampleur du repli : d'une part, la bonne tenue de quelques valeurs défensives ou très suivies — notamment Nike qui a bondi de 4,2% —, et d'autre part un mouvement coordonné dans le secteur pharmaceutique (+3,5% en regroupé pour Amgen, Merck et UnitedHealth), qui ont atténué les pertes du Dow Jones.
Taux souverains et macroéconomie : le cadre pèse
La tendance haussière des rendements américains a constitué un vent contraire supplémentaire. Le rendement du 10 ans a gagné 1,5 point pour atteindre 4,5600% (avec un pic en séance proche de 4,60%), le 2 ans a grimpé de 2,3 points à 4,151%, tandis que le 30 ans est resté plus stable, à 5,0850%. En séance, la détente du pétrole (WTI -1,5% à 79$) a contribué à un léger reflux des taux en fin de journée.
Le calendrier macro a livré des informations contrastées : les ventes au détail ont augmenté de 0,2% en juin (+2,9% en glissement trimestriel), un chiffre conforme aux attentes, mais les ventes hors automobile ont reculé de 0,2% contre un repli attendu de 0,1%. Par ailleurs, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie a surpris fortement en juillet, s'envolant de 10,3 à 41,4, bien au-dessus du consensus de 12,7 et atteignant son plus haut niveau depuis janvier 2025. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont, elles, diminué de 8 000, à 208 000, ce qui est un signe de résilience sur le marché du travail.
- Indices : S&P 500 -0,50% (7 533), Nasdaq Composite -1,47% (25 880), Nasdaq-100 -1,6% (29 025).
- Secteur : SOXX -4,5% (SanDisk, Seagate, Western Digital, Micron lourdement affectés).
- Taux : 10 ans à 4,5600% (pic proche de 4,60%), 2 ans à 4,151%, 30 ans à 5,0850%.
| Actif | Mouvement | Valeur / niveau |
|---|---|---|
| S&P 500 | -0,50% | 7 533 |
| Nasdaq Composite | -1,47% | 25 880 |
| 10 ans US | +1,5 pts | 4,5600% |
| SOXX | -4,5% | – |
Au total, la séance illustre la sensibilité des marchés actions aux évolutions des taux réels et aux signaux contradictoires de l'économie : des indicateurs manufacturiers très forts d'un côté, des ventes au détail qui tempèrent la dynamique de consommation de l'autre. La concentration des pertes dans les semi-conducteurs rappelle également la fragilité de certains segments cycliques face à l'évolution des anticipations de croissance et de taux.
Comme toujours, ces mouvements n'offrent pas de garantie sur l'orientation future des marchés : la performance passée ne préjuge pas des performances à venir. Les investisseurs devront suivre de près l'évolution des rendements obligataires et les prochaines publications macroéconomiques pour réévaluer leur appétit pour le risque.