Un recul du chômage strict, des fragilités persistantes
Le deuxième trimestre 2026 livre des chiffres contrastés sur le marché du travail. D'un côté, le taux de chômage strict baisse à 9,5% et 279 000 emplois rémunérés nets auraient été créés entre le premier et le deuxième trimestre. De l'autre, un indicateur plus large souligne que la « sous‑utilisation » de la main‑d'œuvre demeure élevée, et que l'insertion des jeunes et la participation des femmes restent des points d'alerte.
Ce que mesurent les nouvelles définitions
La publication s'appuie sur une méthodologie conforme aux recommandations récentes de l'OIT et de l'OCDE. Elle distingue désormais l'emploi rémunéré, le chômage « strict » (personnes en recherche active) et introduit un indicateur agrégé qui additionne chômage strict, sous‑emploi et main‑d'œuvre potentielle. Cet indicateur élargi ressort, selon la livraison, autour de 18,5%, révélant l'ampleur des marges de sous‑emploi et de décrochage.
Des chiffres qui cachent des déséquilibres
Au-delà du chiffre de 9,5% qui attire l'attention, plusieurs signaux montrent que le marché du travail n'est pas totalement « réparé » :
- Sous‑utilisation élevée : l'indicateur élargi atteint environ 18,5%, soit près du double du chômage strict.
- Participation contrastée : la main‑d'œuvre totale s'établit à 11 764 000 personnes, avec une urbanisation majoritaire (63,5% en milieu urbain).
- Faible présence des femmes : elles représentent seulement 21,5% de la main‑d'œuvre, et leur taux d'activité apparaît en baisse marquée (18,1% pour les femmes contre 66,5% pour les hommes).
Conséquences concrètes pour les actifs et les employeurs
Pour les demandeurs d'emploi, la création nette de postes offre des opportunités nouvelles, mais l'existence d'un fort sous‑emploi et d'une main‑d'œuvre potentielle non mobilisée signifie que beaucoup restent éloignés d'un emploi stable ou correctement rémunéré. Pour les entreprises, la hausse des emplois rémunérés peut traduire un redémarrage de l'activité, mais la rareté relative de certaines compétences, la faible participation féminine et la persistance du chômage des jeunes posent des problèmes de recrutement et de formation.
Éléments à surveiller
Les éléments à garder en ligne de mire pour les trimestres à venir sont clairs :
- l'évolution du taux de participation, en particulier celle des femmes ;
- la situation des jeunes sur le marché du travail et le niveau de sous‑emploi ;
- la transformation des emplois créés (durée, qualification, secteur) pour juger de leur qualité réelle.
| Indicateur | Valeur T2‑2026 |
|---|---|
| Taux de chômage strict | 9,5% |
| Emplois rémunérés | +279 000 nets |
| Indicateur élargi (chômage + sous‑emploi + main‑d'œuvre potentielle) | ~18,5% |
| Main‑d'œuvre totale | 11 764 000 |
| Part en milieu urbain | 63,5% |
| Part des femmes dans la main‑d'œuvre | 21,5% |
| Taux de participation hommes / femmes | 66,5% / 18,1% |
Ces chiffres invitent à nuancer l'optimisme des premiers taux : si le recul du chômage strict est encourageant, la sous‑utilisation massive de la main‑d'œuvre et la très faible participation féminine suggèrent que des politiques actives ciblées — formation, mobilité, accompagnement vers l'emploi, mesures en faveur de l'emploi des femmes — restent nécessaires pour transformer la création d'emplois en gains durables pour les actifs et pour l'économie.