Un recul global du chômage, des déséquilibres persistants
Le Haut‑Commissariat au Plan (HCP) publie pour le deuxième trimestre 2026 des chiffres qui montrent une amélioration générale du marché du travail : le taux de chômage strict passe à 9,5%, contre 10,8% au trimestre précédent. Mais derrière cette baisse se cachent de fortes disparités par milieu, genre, âge et niveau de formation.
Qui gagne et qui reste exposé ?
Les variations sont nettes : en milieu urbain, le taux diminue à 11,9% (‑1,6 point), tandis qu'en milieu rural il s'établit à 5,4% (‑0,7 point). Pour le HCP, ces évolutions reflètent à la fois des reconversions sectorielles et des dynamiques régionales différentes.
« ce taux atteint 14,8% pour les femmes contre 8,1% pour les hommes. Les jeunes de 15 à 24 ans restent la catégorie la plus exposée à ce phénomène, avec un taux de 27,2% »
La lecture par genre et âge est plus préoccupante : le chômage féminin reste sensiblement plus élevé (14,8%) que celui des hommes (8,1%). Les jeunes de 15 à 24 ans, avec un taux de 27,2%, constituent la classe d'âge la plus fragilisée, même si leur situation s'améliore (-2 points depuis le trimestre précédent).
Éducation et emploi : un paradoxe
Les détenteurs de niveaux de diplôme plus avancés affichent des taux de chômage supérieurs : 16,7% pour les diplômés avancés, 16% pour les niveaux intermédiaires, contre 11,4% pour les diplômes de base et seulement 3,8% pour les personnes sans diplôme. Ce constat souligne une désynchronisation entre l'offre de qualifications et les emplois disponibles.
| Indicateur | Taux T2‑2026 |
|---|---|
| Taux de chômage strict (global) | 9,5% |
| Urbain | 11,9% |
| Rural | 5,4% |
| Femmes | 14,8% |
| Hommes | 8,1% |
| 15–24 ans | 27,2% |
Emploi et sous‑emploi : l'autre visage du marché du travail
Au‑delà du chômage, le HCP mesure le taux combiné du chômage strict et du sous‑emploi lié au temps de travail : il atteint 14% au T2‑2026. Ce indicateur monte à 17,6% pour les femmes et à 15,9% en milieu urbain, traduisant des situations où l'emploi existe mais reste insuffisant en durée ou en qualité.
Conséquences pour les salariés, demandeurs et employeurs
- Pour les jeunes et les diplômés supérieurs, la priorité reste d'améliorer l'adéquation formation‑emploi et d'encourager l'accès à des stages et contrats durables.
- Pour les femmes, la persistance d'un écart significatif invite à agir sur l'emploi à temps partiel subi, la conciliation et les politiques sectorielles ciblées.
- Pour les employeurs et les décideurs, la présence d'un sous‑emploi marqué appelle des mesures pour augmenter les volumes d'heures proposées et sécuriser les parcours professionnels.
Enfin, le HCP signale que le secteur des services demeure le principal pourvoyeur d'emplois, totalisant 5.251.000 personnes, illustrant le rôle central de ce secteur dans l'absorption de main‑d'œuvre et dans les ajustements observés sur le marché du travail.