Une vaste photographie des visiteurs du « monde d’après »
L’Agence régionale du tourisme Grand Est a diffusé début juin son Enquête Marketing des Clientèles (EMC), fruit d’un recueil d’opinions et de comportements réalisé auprès de 18 000 visiteurs. Ce travail constitue, selon l’agence, l’un des dispositifs d’observation touristique régionaux les plus ambitieux jamais menés. Il vise à fournir une base factuelle pour réorienter le Schéma régional du tourisme actuellement à mi-parcours et pour outiller les professionnels dans leurs stratégies commerciales et de communication.
Des enseignements orientés vers l’allongement des séjours
Parmi les priorités identifiées, l’accroissement de la durée des séjours apparaît comme un levier stratégique majeur. Les responsables régionaux entendent ainsi transformer des visites courtes en séjours plus longs et à plus forte valeur ajoutée pour l’économie locale.
« L’une des priorités est d’augmenter la durée des séjours »,
déclare Henry Lemoine, président de l’ART Grand Est, synthétisant l’objectif opérationnel de l’enquête.
Une offre multiproduit qui protège contre les aléas
L’étude met en avant la diversité de l’offre du Grand Est comme facteur de résilience face aux chocs externes : tourisme culturel et patrimonial, nature, tourisme de mémoire, œnotourisme, thermalisme et savoir-faire local composent un portefeuille d’attractivité qui limite la dépendance à un seul segment.
- Culture et patrimoine : 60% des motifs de visite.
- Nature : 26%.
- Tourisme de mémoire : 12%.
- Œnotourisme : 8%.
- Thermalisme et bien-être : 5%.
- Savoir-faire : 4%.
| Filière | Part des motifs (%) |
|---|---|
| Culture & patrimoine | 60 |
| Nature | 26 |
| Tourisme de mémoire | 12 |
| Œnotourisme | 8 |
| Thermalisme & bien-être | 5 |
| Savoir-faire | 4 |
Conséquences pour le marketing territorial et les professionnels
Plusieurs implications ressortent pour les décideurs et les opérateurs :
- Segmenter l’offre autour des pôles identifiés pour concevoir des packages capables d’allonger la durée moyenne de séjour.
- Renforcer les parcours inter-produits (par exemple culture + œnotourisme, nature + bien-être) pour augmenter la valeur perçue et stimuler les nuitées.
- Adapter la communication : messages différenciés selon les segments (mémoire, patrimoine, nature) et priorisation des canaux qui touchent ces clientèles.
En contrepoint, la robustesse de la région face aux aléas dépendra de la capacité des acteurs à convertir l’intérêt en consommation prolongée et en dépenses locales. L’enquête fournit des repères quantitatifs — notamment la ventilation par filière et la taille de l’échantillon — mais laisse ouverte la question des moyens budgétaires et opérationnels nécessaires pour atteindre l’objectif d’allongement des séjours. Le défi sera désormais d’articuler ces données avec des plans d’action concrets et des indicateurs de pilotage.
Pour les acteurs du marketing touristique, l’EMC Grand Est est une feuille de route : elle signale où investir en produit et en message, et rappelle que la diversité d’une destination peut devenir, lorsqu’elle est bien orchestrée, un avantage compétitif décisif.