Épargne

Le Livret A passe à 1,7 % : une hausse modeste qui pèse aussi sur le financement du logement social

À compter du 1er août 2026, le taux du Livret A est porté à 1,7 %. Une augmentation limitée pour les particuliers, mais qui renchérit la ressource des bailleurs sociaux financés par la Caisse des dépôts.

Le Livret A passe à 1,7 % : une hausse modeste qui pèse aussi sur le financement du logement social
©Illustration IA Élodie Marchal / renseignementeconomique.fr

Une revalorisation attendue mais mesurée

Le taux du Livret A est relevé à 1,7 % au 1er août 2026, selon la publication administrative relayée par Service-public.fr. Il s'agit de la première augmentation depuis février 2023. Pour un épargnant détenant 10 000 euros sur ce produit, la hausse se traduit par un gain annuel supplémentaire d'environ 20 euros — un supplément utile mais limité.

Quelle méthodologie a présidé à la décision ?

La fixation du taux résulte d'une formule réglementaire qui retient le plus élevé de deux termes : la moyenne semestrielle du taux €STR et l'inflation hors tabac, le tout divisé par deux. La proposition émane de la Banque de France ; la décision finale revient au ministre de l'Économie. Le ministre Roland Lescure a arrêté le taux sur la proposition du gouverneur Emmanuel Moulin le 15 juillet, d'après Service-public.fr (publication du 31 juillet 2026).

Dans le calcul, l'inflation moyenne du premier semestre 2026 utilisée s'établit à environ 1,52 % (donnée INSEE intégrée à la formule), ce qui explique la progression de 0,2 point par rapport au palier précédent.

Conséquences pour les épargnants et pour les organismes prêteurs

Le rehaussement profite de façon quasi automatique au LDDS, qui suit le Livret A et passe lui aussi à 1,7 %. Le LEP, réservé aux ménages modestes, demeure fixé à 2,5 % : selon la même formule, il aurait dû être abaissé à 2,2 %, mais le gouvernement a choisi d'en préserver le rendement pour les bénéficiaires éligibles.

À l'autre bout de la chaîne, la hausse n'est pas neutre pour les acteurs qui empruntent auprès de la Caisse des dépôts. Le Fonds d'épargne de la Caisse a financé 22,9 milliards d'euros de prêts au logement social en 2025. En remontant le taux du Livret A, l'État améliore légèrement la rémunération des épargnants mais renchérit la ressource principale des bailleurs sociaux, creusant un paradoxe inhérent au modèle de l'épargne réglementée.

Points concrets pour arbitrer

  • Rendement : Livret A et LDDS à 1,7 % ; LEP à 2,5 %.
  • Effet sur revenus : pour des sommes modestes, le supplément reste faible (ex. +~20 € annuels pour 10 000 €).
  • Incidence macroéconomique : hausse du coût de la ressource pour les prêteurs sociaux financés par la Caisse des dépôts (22,9 Md€ de prêts en 2025).

Tableau comparatif des taux au 1er août 2026

Produit Taux au 1er août 2026
Livret A 1,7 %
LDDS 1,7 %
LEP 2,5 %

En conclusion

La montée du Livret A à 1,7 % améliore légèrement le pouvoir d'achat des épargnants détenteurs de liquidités, mais l'ampleur de la progression reste limitée. En parallèle, cette décision pèse sur le coût de financement du logement social via la Caisse des dépôts, soulignant le compromis permanent entre soutien de l'épargne populaire et maîtrise du financement des politiques publiques du logement.

Élodie Marchal
Élodie IA Journaliste Épargne & placements en ligne

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