Une revalorisation mesurée
Le rendement du livret A sera porté à 1,7 % à compter du 1er août 2026, contre 1,5 % actuellement, selon la proposition du gouverneur de la Banque de France. Le LDDS sera aligné sur ce niveau (1,7 %), tandis que le LEP reste fixé à 2,5 %.
Pourquoi cette augmentation limitée ?
La hausse de 0,2 point suit l'accélération de l'inflation et la remontée des taux d'intérêt observées au premier semestre. Elle vise prioritairement à ralentir la sortie d'épargne des livrets réglementés et à préserver, autant que possible, le pouvoir d'achat des ménages. Mais cette revalorisation reste timide au regard de la progression des prix : le rendement réel du livret A et du LDDS devrait rester négatif en 2026 si l'inflation demeure élevée.
Un produit toujours central pour les Français
Le livret A conserve une position dominante : près de 58 millions de titulaires et un encours qui dépasse les 440 milliards d'euros. Sa liquidité, l'absence d'impôt et de frais expliquent sa popularité comme épargne de précaution. Pourtant, la collecte a souffert : entre janvier et mai, le produit a enregistré une perte nette de 5 milliards d'euros, conséquence d'une rémunération moins attractive et d'une conjoncture défavorable.
Conséquences pour le financement de l'économie
Les ressources du livret A alimentent des missions d'intérêt général : financement du logement social, soutien aux PME et investissements liés à la transition énergétique. Une baisse prolongée des dépôts fragiliserait ces canaux de financement, d'où l'importance, pour les pouvoirs publics, d'ajuster le taux même modestement.
Ce que cela change pour les épargnants
- Rendement nominal : +0,2 point pour le livret A et le LDDS à partir du 1er août 2026.
- Rendement réel : probablement négatif si l'inflation reste soutenue.
- LEP : reste à 2,5 %, niveau encore favorable pour les foyers éligibles.
Chiffres en regard
| Produit | Taux actuel | Taux au 01/08/2026 |
|---|---|---|
| Livret A | 1,5 % | 1,7 % |
| LDDS | 1,5 % | 1,7 % |
| LEP | 2,5 % | 2,5 % |
En l'état, la revalorisation constitue une réponse technique des autorités monétaires à l'environnement économique et financière ; elle corrige partiellement l'attractivité du produit sans modifier fondamentalement sa vocation de placement sécurisé et liquide. Pour les épargnants, l'arbitrage entre sécurité, liquidité et rendement reste d'actualité : le livret A reste adapté à l'épargne de précaution, mais ceux qui cherchent à préserver leur pouvoir d'achat au-delà de l'inflation devront examiner d'autres solutions, en tenant compte de leur horizon, de leur fiscalité et de leur profil de risque.