Un ajustement technique mais peu protecteur du pouvoir d'achat
Le taux du Livret A augmente à 1,7 % à partir du 1er août 2026, contre 1,5 % depuis février. L'annonce, rendue officielle le 15 juillet, résulte de la formule réglementaire qui combine la moyenne de l'inflation hors tabac et le taux interbancaire €STR. Malgré cette hausse, le rendement reste inférieur à l'inflation observée sur la période, évaluée à 2,4 %, ce qui entraîne une perte de pouvoir d'achat pour les détenteurs du produit.
Pourquoi cette décision et qui l'a prise ?
La décision a été prise par Roland Lescure, ministre de l'Économie et des Finances, sur proposition d'Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France. La règle de calcul combine l'inflation hors tabac (ici 1,52 % au premier semestre 2026) et €STR (1,95 %) pour aboutir au nouveau niveau.
« cette décision n’est pas politique mais dictée par la réalité économique et les chiffres »
Le LEP protégé, une mesure sociale ciblée
Le Livret d'Épargne Populaire (LEP) est maintenu à 2,5 %, alors que la formule aurait conduit à une baisse à 2,2 %. Le maintien du taux du LEP est présenté comme un choix visant à préserver le pouvoir d'achat des ménages modestes ; environ 12 millions de LEP sont concernés.
Impacts chiffrés pour les épargnants
- Nombre de comptes : 58 millions de Livret A en France.
- Pour un Livret A au plafond (22 950 €) : gain supplémentaire annuel de 45,90 €.
- Pour un encours moyen de 7 800 € : gain supplémentaire d'environ 15,60 € par an.
- Décollecte : environ 5 milliards d'euros sortis entre janvier et mai 2026, signe d'une perte d'attractivité face à d'autres placements.
| Produit | Taux avant 01/08/2026 | Taux au 01/08/2026 |
|---|---|---|
| Livret A | 1,5 % | 1,7 % |
| LEP | formule → 2,2 % (attendu) | 2,5 % (maintenu) |
Conséquences et arbitrages possibles
La légère remontée du Livret A améliore modestement la rémunération des épargnants mais ne suffit pas à compenser l'érosion liée à l'inflation. Pour ceux qui cherchent à préserver le pouvoir d'achat, le maintien du LEP à 2,5 % confirme son rôle de poche d'épargne prioritaire pour les ménages à faibles revenus. Parallèlement, la sortie nette d'épargne observée depuis le début de l'année traduit une recherche de rendement ailleurs : produits à taux plus élevés, placements immobiliers ou placements financiers offrant des rendements supérieurs au Livret A.
Sur le plan réglementaire, la décision illustre le fonctionnement mécanique de la formule de calcul des taux d'épargne réglementée, tout en laissant une marge d'appréciation pour les autorités lorsqu'il s'agit d'objectifs sociaux. Les chiffres communiqués — taux, gains supplémentaires pour des niveaux d'encours standard, décollecte — serviront de référence pour évaluer l'impact de cette mesure sur l'épargne des Français au cours des prochains mois.