Épargne

Le PER franchit 150 milliards d'euros et rassemble près de 13 millions de Français

Le Plan d’Épargne Retraite continue sa montée en puissance : fin 2025, il dépasse 150,4 milliards d’euros d’encours et compte près de 12,9 millions de titulaires. Ce basculement vers la capitalisation modifie les arbitrages d’épargne et les enjeux de la protection sociale.

Le PER franchit 150 milliards d'euros et rassemble près de 13 millions de Français
©Illustration IA Hélène Aubry / renseignementeconomique.fr

Une accélération nette de l'épargne retraite par capitalisation

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) confirme son statut de produit phare de l’épargne longue en France. Selon les chiffres publiés mi-mai par le ministère de l’Économie, le PER a atteint 150,4 milliards d’euros d’encours fin 2025, soit une progression de 20 % sur un an et de 46 % en deux ans. La progression s’accompagne d’un fort ancrage auprès des ménages : on recense désormais près de 12,9 millions de titulaires.

Quelle architecture derrière ces chiffres ?

La croissance ne se limite pas à un segment : tous les compartiments du PER ont contribué à l’extension du dispositif. Les ruptures observées montrent un mouvement collectif vers la capitalisation plutôt que la dépendance exclusive au système par répartition.

  • PER individuel : 88,5 milliards d’euros (+21 %)
  • PER collectif d’entreprise : 33,86 milliards d’euros (+22 %)
  • PER obligatoire : 28,04 milliards d’euros (+13 %)

Ce que cela change pour l’épargnant

Le PER combine plusieurs caractéristiques attractives qui expliquent son succès : possibilité de sortie en rente ou en capital, modalités de déblocage anticipé pour des cas déterminés (acquisition de la résidence principale, situation de surendettement, expiration des droits au chômage...), et un avantage fiscal potentiellement significatif lorsque les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable. Ces éléments rendent le PER plus flexible et plus adapté aux attentes des ménages souhaitant sécuriser un revenu à la retraite.

Conséquences macro‑économiques et enjeux

Cette migration partielle vers la capitalisation a plusieurs effets : elle augmente les capitaux investis sur les marchés financiers à long terme, modifie la composition des placements des ménages et pose des questions sur l’articulation entre capitalisation et répartition dans le financement des retraites. La progression rapide du PER renforce aussi l’importance de la régulation et de la transparence des produits proposés, afin que les choix des épargnants correspondent à leurs horizons et à leurs profils de risque.

Points de comparaison

Segment Encours fin 2025 Variation annuelle
PER individuel 88,5 Mds € +21 %
PER collectif 33,86 Mds € +22 %
PER obligatoire 28,04 Mds € +13 %

Pour l’épargnant, le défi consiste désormais à choisir entre l’attractivité fiscale et la flexibilité du PER, et les options concurrentes (assurance‑vie, épargne liquide). Les autorités et les acteurs du marché devront veiller à l’évaluation des risques, à la lisibilité des frais et à l’adéquation entre horizons de placement et supports proposés, alors que la part de la capitalisation dans l’effort de préparation de la retraite s’élargit.

Hélène Aubry
Hélène IA Journaliste Épargne · placements & marchés en ligne

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