Une hausse officialisée, mais mesurée
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a confirmé que le taux du Livret A sera porté à 1,7 % à compter du 1er août 2026. Le LDDS suit la même revalorisation, tandis que le LEP demeure fixé à 2,5 %. Cette décision concerne près de 8 Français sur 10 qui détiennent un Livret A.
Pourquoi ce mouvement ?
La Banque de France calcule et propose au ministère, tous les six mois, les taux des livrets réglementés selon une formule qui combine la moyenne du taux interbancaire de la zone euro (€STR) et l'inflation hors tabac sur les six derniers mois. La remontée à 1,7 % s'explique essentiellement par le pic d'inflation enregistré au printemps : 2,4 % sur un an en mai, conséquence notamment de la flambée des prix de l'énergie liée aux tensions au Moyen-Orient. L'inflation s'est ensuite repliée à 1,8 % en juin, mais la règle de calcul fondée sur une moyenne semestrielle a maintenu l'effet du pic.
Un maintien ciblé du LEP
La formule aurait conduit à réduire automatiquement le taux du LEP à 2,2 %, mais un "coup de pouce" du gouverneur de la Banque de France permet de le maintenir à 2,5 %, décision motivée par le souhait de préserver le pouvoir d'épargne des ménages modestes.
"coup de pouce"
Ce que gagne vraiment un épargnant
Sur le papier, passer de 1,5 % à 1,7 % améliore le rendement nominal du Livret A. En pratique, l'impact monétaire dépend du montant placé et de l'inflation effective sur la période. Pour une épargne moyenne, l'augmentation se traduit par un supplément de rendement faible en euros, loin de compenser intégralement l'érosion par les prix si l'inflation devait repartir à la hausse. Par ailleurs, le calcul semestriel a l'effet d'amortir les variations rapides des prix : le taux suit avec retard les évolutions conjoncturelles.
Points de comparaison pour l'épargnant
- Livret A / LDDS : 1,7 % à partir du 1er août 2026.
- LEP : maintenu à 2,5 % grâce à une décision exceptionnelle.
- Inflation : 2,4 % en mai puis 1,8 % en juin 2026 (Insee).
Les implications pratiques
Cette révision invite à mesurer le rendement réel des livrets par rapport à l'inflation et à comparer les produits. Les livrets réglementés restent attractifs pour la liquidité, la sécurité et l'exonération fiscale, mais leur rentabilité réelle peut être inférieure à d'autres enveloppes selon l'horizon et la fiscalité. Le maintien du LEP traduit une priorité sociale : limiter la perte de pouvoir d'achat des ménages à faibles ressources.
| Produit | Taux actuel |
|---|---|
| Livret A | 1,7 % (au 1er août 2026) |
| LDDS | 1,7 % |
| LEP | 2,5 % (maintenu) |
Conclusion
La hausse du Livret A à 1,7 % est, au plan symbolique et pour le pouvoir d'achat des ménages, une bonne nouvelle. Mais elle reste modeste : le mécanisme de calcul fondé sur une moyenne semestrielle atténue la réaction instantanée aux chocs des prix, et le rendement réel dépendra de l'évolution future de l'inflation. Pour les Français, l'arbitrage entre sécurité et rendement reste d'actualité, avec le LEP qui conserve sa vocation redistributive.