Un soutien d'opinion qui se heurte au portefeuille
Présentés lors d'un événement organisé chez Belpasta à Braine‑le‑Comte, les résultats de l'Observatoire CBC Agri 2026 donnent une photographie contrastée du rapport des Belges à leur agriculture. D'un côté, l'estime pour les producteurs et la confiance dans la qualité des produits sont élevées ; de l'autre, lorsque le passage en caisse arrive, le critère financier reste déterminant.
Des chiffres révélateurs
L'enquête réalisée par Ipsos auprès d'un échantillon représentatif de 1 000 Belges (18‑75 ans) met en évidence des tendances nettes :
- 82 % des répondants citent la qualité comme critère majeur de choix.
- 80 % mentionnent le prix comme déterminant.
- Près de 7 consommateurs sur 10 disent être attentifs à la composition des produits.
| Critère | Part des répondants |
|---|---|
| Qualité | 82 % |
| Prix | 80 % |
| Vigilance sur la composition | ~70 % |
Le paradoxe du soutien verbal sans répercussion immédiate
Les résultats montrent un écart persistant entre l'intention déclarée de soutenir l'agriculture locale et les actes d'achat. Des attributs tels que la saisonnalité, le mode de production ou la proximité géographique arrivent nettement derrière le prix et la qualité. Autrement dit, l'attachement affiché à l'agriculture belge ne se traduit pas systématiquement par un surcoût à la caisse.
« Je crois le Belge largement disposé à soutenir notre agriculture mais le prix, ou le rapport qualité‑prix, reste néanmoins l’élément prépondérant au moment où il effectue ses achats alimentaires »
Conséquences pour les acteurs de la chaîne
Pour les agriculteurs, ce constat signifie que l'amélioration de l'image ne suffit pas à compenser la sensibilité au prix des consommateurs. Les distributeurs, eux, restent pris entre la pression sur les marges et l'attente de transparence ou d'engagements environnementaux. Quant aux pouvoirs publics, le défi est double : soutenir financièrement les filières tout en préservant le pouvoir d'achat des ménages.
Ce que cela représente concrètement pour un foyer
Sur un budget alimentaire moyen, privilégier un produit local plus cher peut représenter quelques euros supplémentaires par semaine — selon les catégories (viande, produits laitiers, fruits et légumes). Pour un foyer contraint par des dépenses fixes (loyer, énergie), ces écarts pèsent et expliquent pourquoi l'intention de soutenir la production nationale bute sur la réalité du pouvoir d'achat.
En résumé, l'Observatoire CBC Agri 2026 illustre que la bonne image de l'agriculture belge est une base à consolider, mais que sans réponses sur le plan économique — aides ciblées, incitations à la valorisation, ou politique tarifaire — les comportements d'achat resteront largement conditionnés par le prix.