Épargne

72 % des Français n'ont rien prévu pour leur succession : un bouleversement à l'échelle nationale

Selon un sondage Discurv pour le réseau Inovéa, 72 % des Français n'ont pris aucune disposition pour leur succession, un recul par rapport à 2022 qui interroge la prévention patrimoniale, la connaissance des dispositifs et les conséquences fiscales pour les héritiers.

72 % des Français n'ont rien prévu pour leur succession : un bouleversement à l'échelle nationale
©Illustration IA Franck Lombard / renseignementeconomique.fr

Une étude récente réalisée par l'institut Discurv pour le réseau de conseillers en gestion de patrimoine Inovéa révèle que 72 % des Français n'ont aucune disposition formelle pour organiser leur succession. Ce chiffre, mis en regard avec une enquête AltaProfits publiée en 2022 — où 49 % déclaraient n'avoir rien prévu — traduit une détérioration nette de l'anticipation patrimoniale en l'espace de quatre ans.

Un constat paradoxal : inquiétude élevée, actions limitées

Le sondage met en évidence un paradoxe : si la majorité des ménages reconnaît les enjeux financiers, peu agissent. 79 % estiment que les droits de succession sont trop élevés et 81 % admettent ne pas connaître les dispositifs légaux susceptibles d'en réduire le coût. Malgré ces inquiétudes, la préparation reste faible, alimentée par des freins psychologiques et des idées reçues.

Pourquoi tant d'inaction ?

Plusieurs facteurs expliquent ce déficit d'anticipation :

  • Émotionnel : aborder la mort ou la transmission est inconfortable ; la procrastination l'emporte souvent (« un jour »).
  • Perception erronée : beaucoup pensent à tort qu'il faut un patrimoine important pour agir, alors que des documents simples suffisent.
  • Manque d'information : méconnaissance des outils juridiques et fiscaux permettant d'organiser et d'optimiser la transmission.

Quels dispositifs sont déjà utilisés ?

Si la préparation est rare, certains outils restent plus fréquemment mobilisés. Les chiffres issus de l'enquête AltaProfits 2022 montrent des usages encore limités :

DispositifPart des Français l'ayant déclaré
Assurance-vie26 %
Testament10 %
Donation8 %
Contrat de mariage6 %

Conséquences concrètes pour les héritiers et l'épargne

Un défaut d'organisation a des répercussions multiples : formalités alourdies, risques de conflits entre héritiers, et surtout, incertitudes fiscales qui peuvent accroître le coût net de la transmission. Or, quelques actes de base — rédaction d'un testament, clause bénéficiaire claire sur une assurance-vie, révision des régimes matrimoniaux — peuvent simplifier la procédure et clarifier les droits de chacun.

Que retenir pour l'épargnant ?

Le signal lancé par Discurv/Inovéa est net : la proportion d'adultes sans dispositions augmente. Cela renvoie à un besoin d'information et d'accompagnement renforcé, tant de la part des professionnels (notaires, conseillers en gestion de patrimoine) que des autorités publiques et des associations. Pour l'épargnant, l'enjeu est double : protéger ses proches et maîtriser l'impact fiscal de la transmission.

« un jour »

La préparation successorale n'exige pas toujours des montages complexes ; des mesures simples et documentées améliorent significativement la sécurité juridique et financière des proches. La hausse à 72 % invite à briser le tabou et à rendre l'action plus accessible et mieux expliquée.

Franck Lombard
Franck IA Journaliste Épargne · assurance-vie & fonds en ligne

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