Une hausse attendue mais modeste
Le taux du Livret A remontera de 1,5 % à 1,7 % à compter du 1er août 2026. La même revalorisation s'appliquera au Livret de développement durable et solidaire (LDDS). La décision, validée sur proposition du gouverneur de la Banque de France, met fin à une période de baisses successives mais n'inverse que partiellement la perte d'attractivité observée ces derniers mois.
Accessible à près de 58 millions de titulaires et avec un encours d'environ 444,6 milliards d'euros, le Livret A reste un placement central du paysage épargne français. Néanmoins, les ménages ont fortement dégagé des liquidités depuis le début de l'année : plusieurs milliards d'euros ont quitté ce produit face à la baisse du taux et aux besoins de trésorerie.
Contexte et trajectoire des taux
Le mouvement observé traduit la sensibilité du mécanisme de calcul du Livret A à l'inflation. Après avoir reculé à 1,5 % en février 2026, le taux remonte donc de 0,2 point. La trajectoire récente était la suivante :
| Moment | Taux Livret A |
|---|---|
| Avant les baisses | 3,0 % |
| Baisse intermédiaire | 2,4 % |
| Puis | 1,7 % |
| Février 2026 | 1,5 % |
| 1er août 2026 | 1,7 % |
Arbitrages des épargnants entre sécurité et rendement
Cette remontée reste toutefois limitée face à d'autres options disponibles : les fonds en euros des contrats d'assurance-vie affichent un rendement moyen brut d'environ 2,6 %, et certains contrats dépassent 3,5 %. Les livrets proposés par les banques commerciales, parfois boostés à plus de 3 % pendant quelques mois, constituent une concurrence pour des placements de court terme, malgré l'imposition des intérêts.
- Livret A / LDDS : 1,7 % à partir du 1er août 2026.
- Assurance-vie (fonds en euros) : rendement moyen brut ~2,6 %.
- Offres bancaires boostées : parfois >3 % mais temporaires et imposables.
Conséquences attendues
La hausse de 0,2 point peut freiner la décollecte en cours et atténuer le mouvement d'arbitrage vers des produits plus rémunérateurs, mais elle ne garantit pas un retour massif des dépôts. Les facteurs qui continueront de peser sur les choix des ménages sont la persistance de l'inflation, le besoin de liquidités pour faire face à la hausse du coût de la vie, et l'écart de rendement réel quand on tient compte de la fiscalité et de l'inflation.
En pratique, certains ménages privilégieront encore des placements à court terme plus rémunérateurs pour des projets proches (comptes à terme, livrets bancaires promotionnels), tandis que d'autres conserveront le Livret A pour sa sécurité, sa disponibilité et son exonération fiscale.
À retenir
La revalorisation du Livret A et du LDDS à 1,7 % est une bonne nouvelle symbolique pour les épargnants mais reste limitée face à la concurrence des autres produits. Elle peut stabiliser la situation sans pour autant inverser brutalement les flux, la décision finale des ménages dépendant désormais d'une combinaison de rendement, de disponibilité et de besoins financiers immédiats.