Des créations d'emplois inférieures aux attentes, mais un taux de chômage qui recule
Les données publiées vendredi par l'agence de statistiques du travail américaine (BLS) montrent une perte nette de 23 000 emplois en juillet, alors que le taux de chômage a diminué à 4,1%. Ce contraste apparent entre destruction d'emplois et recul du chômage tient principalement à une baisse du taux de participation à la population active, qui réduit le nombre de personnes considérées comme disponibles pour travailler.
Révisions massives et décalage avec le consensus
Les marchés, reprenant le consensus compilé par MarketWatch, attendaient la création d'environ 83 000 emplois pour juillet. En outre, le BLS a procédé à des révisions à la baisse des mois de mai et juin, retirant au total 103 000 créations d'emploi par rapport aux estimations initiales. Sur la fenêtre couvrant mai et juin, seules 83 000 positions supplémentaires auront finalement été créées, souligne le rapport.
Structure sectorielle: qui recrute et qui recule
- Perte d'emplois concentrée dans l'éducation publique locale et le commerce de proximité, ainsi que dans une moindre mesure les services financiers.
- Secteur santé : poursuite de la dynamique créatrice d'emplois, mais à un rythme ralenti.
- Manufacture, construction, extraction : quasi-stabilité, sans mouvement notable.
- Hôtellerie-restauration et loisirs : peu de variations malgré des événements saisonniers.
Conséquences macroéconomiques et signaux pour la France
Ce jeu de données soulève plusieurs implications pour l'économie française. D'abord, la révision à la baisse de l'activité américaine peut tempérer les perspectives de croissance mondiale et peser sur les prix des actifs à risque, entraînant une volatilité accrue sur les marchés actions européens. Ensuite, une diminution de la dynamique salariale outre-Atlantique pourrait influer sur les anticipations d'inflation et, par ricochet, sur l'arbitrage des banques centrales. Pour la Banque centrale européenne et la Banque de France, un affaiblissement durable de la reprise américaine réduit la probabilité d'un durcissement global synchronisé, mais laisse subsister des incertitudes sur le change euro/dollar et sur les chaînes d'approvisionnement.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Emplois créés/perdus (juillet) | -23 000 |
| Taux de chômage | 4,1% |
| Révision nette (mai-juin) | -103 000 |
| Créations (mai+juin, recalcul) | 83 000 |
Points à suivre
La décrue du taux de participation depuis le début de l'année (baisse de 0,7 point) et la réduction de la part des personnes en emploi dans la population (baisse de 0,5 point) impliquent des centaines de milliers d'individus sortis du marché du travail américain. Si cette tendance perdure, elle modifiera le diagnostic sur la santé de la demande intérieure américaine et pèsera sur les prévisions de croissance mondiale.
Ces éléments incitent les investisseurs et les autorités françaises à surveiller de près les prochaines publications du BLS et les réactions des marchés financiers, en particulier le comportement du dollar et des taux souverains, qui traduiront la réévaluation du risque et des anticipations d'inflation à l'échelle internationale.