Un mois de juin encore dynamique malgré une remontée des taux
En juin, le marché du crédit immobilier en France montre une double réalité : un taux moyen en hausse et, pourtant, une production de prêts soutenue. Les statistiques publiées par la Banque de France indiquent un taux moyen des nouveaux crédits immobiliers à 3,27% (hors assurance) et des encours accordés qui atteignent 13,2 milliards d'euros sur le mois.
Ce que disent les chiffres
Le niveau du taux n'avait pas été aussi élevé depuis février 2025, et reste en retrait toutefois par rapport aux pics récents proches de 4% observés l'année précédente. Historiquement, les périodes de taux très bas (mi-2018 à mi-2022) avaient vu des taux moyens inférieurs à 1,5%, une situation désormais révolue.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux moyen (hors assurance) — juin | 3,27% |
| Montant des nouveaux prêts — juin | 13,2 milliards € |
| Taux 15 ans (Pretto, août) | 3,33% |
| Taux 20 ans (Pretto, août) | 3,44% |
| Taux 25 ans (Pretto, août) | 3,52% |
| Taux tout frais compris — 2e trimestre 2026 | 3,97% |
Des emprunteurs encore présents — mais l'horizon se complique
Malgré la hausse des taux, les sommes contractées en juin atteignent un niveau que l'on n'avait plus observé depuis l'automne 2025. Plusieurs explications se combinent : un volume d'opérations encore soutenu par des projets en cours, des attentes de hausses supplémentaires qui poussent certains acheteurs à agir maintenant, et la persistance d'une demande sur des territoires ou segments spécifiques.
Les signaux prospectifs et les mises en garde
Plusieurs acteurs du marché anticipent toutefois un ralentissement. L'Observatoire Crédit Logement/CSA et des courtiers spécialisés soulignent un repli des indicateurs de production du crédit et estiment que la rentrée pourrait voir une nouvelle remontée des taux. L'Association professionnelle des intermédiaires en crédits (Apic) évoque la possibilité d'un taux moyen dépassant 3,50% sur 25 ans à la rentrée.
« Les indicateurs de production de crédit immobilier reculent nettement »,
La Banque de France rappelle, pour sa part, que le taux qu'elle publie exclut les frais annexes : assurance emprunteur, garanties ou commissions de courtage. Le taux « sur le papier » de 3,27% ne rend donc pas compte du coût total supporté par l'emprunteur.
Ce que cela change pour le ménage français
Concrètement, la trajectoire des taux modifie la mensualité et la capacité d'achat. Par exemple, sur des durées courantes, Pretto relevait en août des moyennes autour de 3,33% (15 ans), 3,44% (20 ans) et 3,52% (25 ans) — niveaux qui pèsent directement sur le montant des mensualités et donc sur le budget des ménages.
- Les acquéreurs pressés peuvent anticiper une hausse supplémentaire et verrouiller un financement maintenant.
- Les futurs emprunteurs pourraient privilégier des durées plus longues pour limiter la mensualité, au prix d'un coût total du crédit supérieur.
- Les renégociations restent attrayantes pour ceux ayant contracté à des taux plus élevés auparavant, mais elles n'absorbent pas les coûts annexes exclus du taux moyen annoncé.
Sur le plan macroéconomique, un coût du crédit plus élevé tend à freiner la demande à terme et à peser sur la dynamique des prix, surtout si les salaires et l'offre de logements ne compensent pas cette hausse. Reste que, pour l'heure, la production de crédits affiche une résilience qui maintient une activité significative sur le marché immobilier.
« Les taux restent à des niveaux raisonnables »,
avait nuancé le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, le 24 juillet. Ce constat tempéré masque toutefois des réalités très concrètes pour les ménages : chaque point de hausse se traduit en dizaines ou centaines d'euros de mensualité supplémentaire selon le capital emprunté et la durée choisie.