Un rebond conjoncturel qui masque une inflation durable
Le National Institute of Economic and Social Research (NIESR) a légèrement relevé sa prévision de croissance pour le Royaume‑Uni en 2026, à 1,1 % en rythme annuel contre 0,9 % dans ses précédentes estimations d'avril. Mais cette amélioration ne doit pas faire illusion : l'institut avertit que l'inflation restera supérieure à l'objectif de la Banque d'Angleterre jusqu'en 2029, prolongeant une période d'incertitudes sur le pouvoir d'achat et la politique monétaire.
« L'économie britannique s'est avérée étonnamment résiliente au cours du premier semestre de cette année, mais un ralentissement est encore à venir. Même si la paix est rétablie relativement rapidement au Moyen‑Orient, l'inflation continuera de grimper et le nouveau Chancelier devra prendre des décisions difficiles »,
Le NIESR souligne que le récent choc des prix de l'énergie, imputable à la guerre au Moyen‑Orient, a réduit les perspectives de croissance et consommé l'essentiel de la marge de manœuvre budgétaire estimée à 24 milliards de livres par le gouvernement. Concrètement, cela limite la capacité des autorités à soutenir l'économie via des baisses d'impôts ou des dépenses nouvelles sans recourir à des arbitrages douloureux.
Chiffres clés et temporalité
| Indicateur | Projection |
|---|---|
| Croissance 2026 (PIB) | 1,1 % |
| Inflation moyenne 2026 | 3,1 % |
| Pic d'inflation prévu | 3,8 % en février 2027 |
| Retour à l'objectif d'inflation | 2029 |
| Taux de chômage maximal projeté | 5,3 % (T1 2027) |
Le NIESR prévoit une croissance trimestrielle de 0,4 % pour le trimestre clos en juin, après 0,6 % au premier trimestre 2026. Le taux de chômage devrait atteindre un pic de 5,3 % au premier trimestre 2027, inférieur au précédent scenario d'avril qui tablait sur 5,5 %.
Conséquences pour les politiques publiques et les ménages
Face à une inflation durablement supérieure à la cible, la Banque d'Angleterre pourrait maintenir des taux plus élevés plus longtemps, comprimant ainsi la consommation et l'investissement privés. Côté finances publiques, le NIESR juge que les engagements du Premier ministre — notamment en matière de défense et d'aides au coût de la vie — devront être financés par des hausses d'impôts ou des coupes dans les dépenses, et non par un recours accru à l'endettement.
- Pour les ménages : un maintien d'une inflation plus élevée pèse sur le pouvoir d'achat, en particulier si les salaires n'évoluent pas au même rythme.
- Pour les entreprises : des coûts énergétiques et de financement potentiellement supérieurs, freinant certains investissements.
- Pour les décideurs : arbitrages budgétaires nécessaires entre soutien social, dépenses de défense et solidité des comptes publics.
Lecture stratégique
La projection du NIESR combine un signal plutôt rassurant sur la croissance à court terme et un avertissement sérieux sur l'environnement macroéconomique à moyen terme. L'érosion de la marge budgétaire et la persistance de l'inflation rendent les choix politiques délicats : assouplir la fiscalité risquerait d'alimenter davantage l'inflation, tandis que l'austérité pourrait freiner la reprise déjà fragile. Dans ce contexte, la décision de la Banque d'Angleterre sur les taux et les arbitrages du nouveau Chancelier seront scrutés comme autant d'indicateurs de la trajectoire économique à venir.