Principes et mécanisme proposés
Lors de son discours d'ouverture de campagne, dimanche 25 octobre à Orléans, la candidate du Rassemblement national a exposé une règle simple pour l'âge de départ à la retraite : l'âge dépendrait de l'âge du premier emploi, et non d'un seuil unique pour tous. Elle a notamment assuré ne pas vouloir «
repousser l'âge de la retraite». Cette formulation résume la ligne politique qu'elle défend depuis plusieurs mois.
Ce que prévoit précisément son schéma
Dans la déclinaison présentée à la fin août et réaffirmée ces dernières semaines, le mécanisme est le suivant :
- Si vous avez commencé à travailler avant 20 ans : possibilité de partir à 60 ans à condition d'avoir cotisé 40 annuités.
- Si vous avez commencé après 20 ans : l'âge de départ monterait progressivement, jusqu'à atteindre 62 ans pour les entrées plus tardives sur le marché du travail, avec un plafond fixé à 42 annuités.
Tableau récapitulatif
| Âge premier emploi | Âge possible de départ | Condition d'annuités |
|---|---|---|
| Avant 20 ans | 60 ans | 40 annuités |
| Après 20 ans | Jusqu'à 62 ans | Plafond 42 annuités |
Contexte et portée
La proposition s'inscrit dans la continuité des prises de position du parti : plutôt que d'augmenter un âge légal unique, il s'agit d'individualiser le départ en fonction du parcours professionnel. Sur le plan pratique, cela vise à reconnaître les carrières longues commencées tôt et à limiter l'impact sur ceux qui ont débuté plus tard. Le détail de la mise en œuvre — calcul précis des annuités prises en compte, traitement des interruptions de carrière, modalités pour les carrières longues ou pénibles — n'est pas précisé dans la synthèse du discours.
Les questions ouvertes
Plusieurs points cruciaux restent à clarifier pour évaluer l'effet réel de cette mesure sur le système de retraite :
- Comment seront comptabilisées les périodes de chômage, de maladie ou de maternité dans le calcul des annuités ?
- Quel sera l'impact financier sur les comptes de la sécurité sociale et sur le niveau des pensions ?
- Comment la mesure traitera-t-elle les carrières hachées ou les emplois précaires, fréquents chez les jeunes entrants tardivement sur le marché du travail ?
Conséquences politiques
En réaffirmant qu'elle ne souhaite pas «
repousser l'âge de la retraite», la candidate cherche à répondre à une sensibilité sociale forte : nombre d'électeurs sont hostiles à un relèvement uniforme de l'âge légal. Son choix d'un critère lié au début d'activité vise aussi à se démarquer des autres propositions de réforme en circulation, en faisant de la durée effective de travail le pivot du droit au départ.
Si cette orientation devait être retenue et traduite en projet de loi, elle engagerait des négociations techniques et budgétaires importantes, et poserait des défis d'équité entre générations et catégories professionnelles. Les précisions attendues sur le détail des règles et sur les simulations d'impact financier seront déterminantes pour juger de la faisabilité et des effets sociaux de la mesure.