Un goulet d’étranglement stratégique au cœur du risque
La banque d’investissement Goldman Sachs met en garde contre la possibilité d’une forte remontée du pétrole, jusqu’à 120 dollars le baril d’ici la fin de 2026 si les tensions au Moyen-Orient persistent. L’alarme repose sur le rôle central du détroit d’Ormuz, passage obligé qui transporte environ 20 % du pétrole mondial et des expéditions de gaz naturel liquéfié. Large d’à peine 39 kilomètres à son point le plus étroit, ce canal maritime expose l’approvisionnement global à des ruptures rapides.
Ce que dit l’analyse de marché
Selon la banque, les flux en provenance du Golfe ont déjà chuté à moins de 45 % de leurs niveaux d’avant-guerre, ce qui a contribué à un ralentissement des raffineries européennes et à une érosion des stocks. Le prix du Brent, référence européenne, oscillait autour de 87,68 dollars lors de la publication, mais il avait atteint 126 dollars début 2026 avant une accalmie provisoire. Goldman Sachs précise que ses prévisions initiales (environ 80 dollars pour le quatrième trimestre et 75 dollars pour 2027) sont désormais soumises à un risque haussier significatif ; si les perturbations restent, la banque anticipe un prix moyen de 100 dollars pour 2027.
« Les dernières escalades au Moyen-Orient et le déclin des flux du Golfe impliquent des risques à la hausse. »
Impact direct sur le consommateur et l’économie française
Concrètement, une remontée du baril vers 120 dollars se traduirait rapidement par une hausse à la pompe et un renchérissement des coûts logistiques et industriels. Pour les particuliers, même une variation de quelques dizaines de dollars par baril peut ajouter plusieurs euros par plein ; pour les entreprises, elle se répercute sur le coût du transport, la chimie et l’agroalimentaire, amplifiant les pressions inflationnistes. Les pouvoirs publics et les opérateurs raffinage/distribution surveillent les stocks et la cadence de production pour limiter les effets immédiats, mais la dépendance aux flux maritimes rend les marges de manœuvre limitées en cas d’escalade.
Scénarios et leviers d’atténuation
Les éléments à suivre :
- L’évolution des attaques ciblant les terminaux et les routes maritimes (ex. Bassora, menaces de blocus élargi).
- Les décisions politiques et militaires pouvant rouvrir ou sécuriser le détroit d’Ormuz.
- La réaction des stocks stratégiques et des capacités de raffinage en Europe.
Au plan national, des mesures temporaires comme la mobilisation de stocks stratégiques ou des dispositifs de soutien ciblés aux secteurs les plus exposés peuvent atténuer l’impact à court terme, mais elles ne compensent pas une poussée prolongée des cours.
Chiffres clefs
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Part du pétrole transitant par l’Ormuz | 20 % |
| Largeur minimale du détroit | 39 km |
| Flux du Golfe (par rapport à avant-guerre) | < 45 % |
| Prix du Brent au jour de la note | 87,68 $/baril |
| Point haut atteint début 2026 | 126 $/baril |
| Scénario de Goldman Sachs (fin 2026) | 120 $/baril |
| Projection moyenne 2027 en cas de perturbations | 100 $/baril |
Pour le consommateur français, la lecture la plus utile reste pragmatique : surveiller l’évolution des cours et comprendre que chaque saut significatif du baril pèse sur la facture énergétique et les prix de nombreux biens. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si l’accalmie observée après le pic de début 2026 se confirme ou si l’économie doit se préparer à une nouvelle phase de prix élevés.