Conjoncture : consommation en hausse, pouvoir d’achat en baisse
Les derniers chiffres publiés par l'Insee dressent un tableau contrasté de l'économie française. Après un début d'année difficile (recul du PIB au premier trimestre), la consommation des ménages a rebondi entre avril et juin, mais le pouvoir d'achat par unité de consommation a diminué de -0,5 % sur la même période, alors qu'il avait progressé de +0,1 % auparavant. La croissance globale est restée nulle au deuxième trimestre (+0,0 %), éloignant de peu la France d'une situation de récession.
Quels chiffres expliquent ce paradoxe ?
La lecture détaillée des comptes nationaux éclaire pourquoi consommation et pouvoir d'achat évoluent en sens opposé :
- La consommation des ménages est passée de -0,3 % au premier trimestre à +0,3 % au second.
- La demande intérieure a contribué pour +0,2 point au PIB au deuxième trimestre, contre -0,3 point au premier.
- Les échanges extérieurs ont rebondi : exportations +2,9 % (après -3,0 %) et importations +1,1 % (après -0,6 %).
- Pourtant, le pouvoir d'achat par unité de consommation recule de -0,5 %, en grande partie à cause de la hausse des prix.
| Indicateur | 1er trimestre | 2e trimestre |
|---|---|---|
| PIB (variation) | -0,2 % | +0,0 % |
| Consommation des ménages | -0,3 % | +0,3 % |
| Pouvoir d'achat par UC | +0,1 % | -0,5 % |
| Exportations | -3,0 % | +2,9 % |
| Importations | -0,6 % | +1,1 % |
Inflation et pouvoir d’achat : le lien direct
Le recul du pouvoir d'achat malgré une consommation en hausse s'explique par le décalage entre les revenus et l'évolution des prix. Autrement dit, les ménages dépensent davantage en valeur — ou achètent différemment — mais cette dépense supplémentaire est partiellement absorbée par la hausse des prix, ce qui réduit le pouvoir d'achat par unité de consommation.
Conséquences économiques et politiques
Ces données serviront de base au gouvernement lors de l'élaboration du budget 2027 : le projet de loi de finances et le PLFSS doivent être présentés le 30 septembre. Le ministre de l'Économie a affiché l'objectif de ne pas dépasser 5 % de déficit, une contrainte qui oriente les choix de dépenses et de fiscalité. Ces arbitrages auront un impact direct sur le pouvoir d'achat des ménages et seront naturellement scrutés et contestés dans la campagne présidentielle — d'autant que, selon l'article, des acteurs politiques liés aux dix dernières années de gouvernance seront présents dans la course.
Que peuvent attendre les ménages ?
À court terme, le rebond de la consommation peut indiquer un regain de confiance ou des arbitrages de dépenses (achat de biens durables, plus de sorties, etc.). Mais si les salaires et transferts ne suivent pas l'inflation, la capacité réelle des ménages à couvrir leurs dépenses quotidiennes diminue. Cette dynamique est au cœur du débat public : maintenir les services publics, cibler les aides aux plus fragiles et contenir l'inflation sont autant d'options qui pèsent sur le budget de l'État.
Les prochains mois seront clés : les chiffres à paraître et les mesures budgétaires annoncées autour du PLF serviront de test pour savoir si le recul du pouvoir d'achat est temporaire ou le signe d'une tendance plus profonde.