Un plan national pour créer une chaîne de valeur hydrogène
Lors d'un forum consacré à l'énergie hydrogène tenu le 29 juillet à Hanoï, autorités, experts et industriels ont exposé les grandes orientations d'une Stratégie nationale destinée à faire de l'hydrogène un pilier de la transition énergétique du Vietnam. Le pays, engagé sur la voie de la neutralité carbone en 2050, veut structurer l'ensemble des maillons — production, stockage, transport, distribution et utilisation.
Pourquoi l'hydrogène ?
Les intervenants ont insisté sur le rôle spécifique de l'hydrogène, et en particulier de l'hydrogène vert, pour décarboner des secteurs où l'électrification directe est difficile : industrie lourde, transport longue distance, maritime et aviation. Le choix est stratégique : il ne s'agit pas seulement d'ajouter une nouvelle énergie, mais de fournir une solution pour les usages intensifs en carbone.
« La transition énergétique mondiale s'accélère, passant des énergies fossiles à des alternatives plus propres », a déclaré le Dr Mai Duy Thiên, président de la VCEA.
Un secteur encore embryonnaire
Malgré cette ambition, la filière vietnamienne reste à ses débuts : le pays produit aujourd'hui environ 500 000 tonnes d'hydrogène par an. L'objectif affiché par la stratégie nationale est d'établir une chaîne de valeur complète d'ici 2030, avec une vision à l'horizon 2050, pour positionner le Vietnam comme pôle régional de l'énergie propre dans la zone Asie-Pacifique.
- Production actuelle : ≈ 500 000 t/an (niveau industriel existant hors filière verte majeure).
- Cibles stratégiques : structuration complète de la filière à l'horizon 2030, vision étendue à 2050.
- Secteurs visés : industrie lourde, transport longue distance, maritime, aviation.
Conséquences pour les marchés et les partenaires
La volonté vietnamienne de devenir un hub régional implique des opportunités pour les fournisseurs d'équipements (électrolyseurs, systèmes de stockage), les producteurs d'électricité décarbonée nécessaires à l'hydrogène vert, et les investisseurs internationaux cherchant des débouchés en Asie du Sud-Est. Pour les pays européens, et la France en particulier, cela peut ouvrir des voies de coopération industrielle, technologique et commerciale, notamment sur les technologies d'électrolyse et la certification d'hydrogène bas-carbone.
Limites et questions ouvertes
Plusieurs obstacles restent à lever : la disponibilité suffisante d'électricité bas-carbone à coût compétitif, les infrastructures de transport et de stockage, et la mise en place de cadres réglementaires et d'incitations pour attirer les investissements. La stratégie nationale affiche une ambition forte mais ne détaille pas, dans la dépêche, les moyens financiers ou les jalons opérationnels précis pour 2030.
| Élément | Information citée |
|---|---|
| Production actuelle | ~500 000 tonnes/an |
| Horizon stratégique | 2030 (stratégie), vision 2050 |
| Secteurs ciblés | Industrie lourde, transport longue distance, maritime, aviation |
Au final, le Vietnam affiche une trajectoire volontariste qui suit la tendance mondiale : l'hydrogène est désormais pensé non plus comme un sujet de recherche isolé, mais comme un levier industriel et économique. La réussite dépendra de la capacité du pays à mobiliser des ressources énergétiques propres abondantes et à attirer des partenaires pour construire une filière compétitive à l'échelle régionale.