Une population plus qualifiée, durablement indemnisée
La Dares, en collaboration avec la DG Trésor, décrypte le profil des personnes qui sollicitent l'assurance chômage après une rupture conventionnelle individuelle (RCI). Le constat est net : ces allocataires présentent en moyenne un niveau de diplôme supérieur et occupent plus fréquemment des fonctions de cadres que le reste des personnes ouvrant un droit à l'assurance chômage.
Des allocations plus longues et plus élevées
Sur la durée et le montant des droits, les différences sont significatives. En 2024, 77 % des titulaires issus d'une RCI pouvaient bénéficier d'une indemnisation pendant 18 mois ou plus, contre 48 % pour l'ensemble des allocataires. Leur allocation journalière moyenne est également supérieure, de 13 euros.
| Indicateur | RCI | Ensemble des allocataires |
|---|---|---|
| Part avec indemnisation ≥ 18 mois | 77 % | 48 % |
| Écart moyen allocation journalière | +13 € (en moyenne) | |
Un retour à l'emploi salarié plus lent, surtout à court terme
Malgré un profil socio‑professionnel souvent plus favorable, les personnes issues d'une RCI retrouvent un emploi salarié plus lentement que les autres allocataires. Sur l'année suivant la perte d'emploi, leur taux de présence en emploi est inférieur d'environ 9 points. Cet écart diminue d'environ moitié au bout de deux ans et devient faible à l'horizon de 30 mois.
- Différence de court terme : -9 points de présence en emploi la première année.
- Réduction de l'écart : divisée par deux au bout de deux ans.
- Retour vers l'emploi durable (CDI ou CDD ≥ 6 mois) : écart d'environ 2 points la première année.
Des caractéristiques qui n'expliquent pas tout
Les auteurs soulignent que les différences observées dans la rapidité de retour à l'emploi ne s'expliquent pas entièrement par les caractéristiques des signataires de RCI. Autrement dit, leur niveau de diplôme, leur âge ou leur statut professionnel n'expliquent pas complètement ce retard. D'autres mécanismes — nature des ruptures, conditions de recherche d'emploi, choix personnels ou dispositifs d'accompagnement — peuvent jouer un rôle.
Ce que cela change pour les salariés et les employeurs
Pour les salariés, la RCI apparaît comme une option attractive en termes de droits ouverts (durée et montant), mais elle peut s'accompagner d'une période d'insertion plus longue sur le marché du travail. Pour les employeurs et les prescripteurs d'emploi, ces résultats invitent à mieux calibrer l'accompagnement post‑rupture — notamment vers des emplois durables — et à interroger les logiques qui conduisent à une indemnisation plus longue malgré un retard relatif dans le retour à l'emploi.
Au plan des politiques publiques, ces observations méritent d'être intégrées dans les réflexions sur l'assurance chômage et les dispositifs d'appui à la reconversion : garantir des droits plus élevés tout en réduisant les obstacles à une reprise rapide et durable de l'emploi reste un enjeu central.