Banque & Assurance

Les entreprises dirigées par des femmes pèsent 3,5 trillions de hryvnias, selon une étude ukrainienne

Une étude conjointe de Top Lead, du ministère de l'Économie ukrainien et du Rating Group souligne la place désormais centrale de l'entrepreneuriat féminin : 20,4 % des revenus d'entreprises, une forte présence dans le commerce et les services et un recours massif à l'auto‑financement depuis le début de la guerre.

Les entreprises dirigées par des femmes pèsent 3,5 trillions de hryvnias, selon une étude ukrainienne
©Illustration IA Nathalie Girard / renseignementeconomique.fr

Une part significative du tissu économique national

L'étude « Femmes dans les affaires », présentée le 13 juillet par l'agence Top Lead en coopération avec le ministère de l'Économie ukrainien et le Rating Group, dresse un panorama chiffré de l'entrepreneuriat féminin en temps de guerre. Les auteurs évaluent à 3,5 trillions de hryvnias le chiffre d'affaires généré par les entreprises contrôlées par des femmes, soit 20,4 % du total des revenus des entreprises ukrainiennes.

Ces chiffres confirment que l'activité entrepreneuriale portée par les femmes n'est plus marginale : elle constitue aujourd'hui un élément structurant de l'économie nationale. Les données mobilisées par l'étude proviennent notamment de sources de marché comme YouControl.Market.

Profils et trajectoires

La répartition par forme juridique montre des différences notables : 34,8 % des personnes morales sont détenues par des femmes, tandis que les entrepreneurs individuels sont majoritairement féminins (61,1 %). Par ailleurs, 39,2 % des dirigeantes interrogées ont créé leur entreprise après le déclenchement de l'invasion à grande échelle, souvent en mobilisant leurs économies personnelles.

IndicateurValeur
Chiffre d'affaires total (entreprises féminines)3,5 trillions UAH
Part du total des revenus20,4 %
Personnes morales détenues par des femmes34,8 %
Entrepreneurs individuels femmes61,1 %
Entrepreneures créées après le début de l'invasion39,2 %

Secteurs et revenus moyens

Les autrices de l'étude signalent que les plus importants volumes de revenus se retrouvent dans des secteurs de masse tels que le commerce et les services. En revanche, en raison du grand nombre d'acteurs dans ces segments, le revenu moyen par entreprise y reste plus faible que dans des secteurs plus spécialisés. L'étude souligne donc une double réalité : forte implantation numérique en tête de file en nombre d'entreprises, mais dispersion des revenus au niveau unitaire.

Conséquences pour les banques et assureurs

  • Demande de financement : la part importante d'entreprises dirigées par des femmes et le phénomène de créations récentes implique un besoin soutenu en produits de crédit adaptés aux entrepreneurs sans antécédent ou sans garanties classiques.
  • Profil de risque et tarification : la concentration sectorielle (commerce, services) peut influencer la sinistralité et la rentabilité des portefeuilles professionnels des établissements financiers.
  • Opportunités commerciales : la forte proportion de dirigeantes parmi les entrepreneurs individuels invite les banques et compagnies d'assurance à développer des offres ciblées (microcrédit, affacturage léger, assurances multirisques petite entreprise, services digitaux simplifiés).

L'étude met en évidence une forme d'auto‑assurance économique : de nombreuses créatrices se lancent en mobilisant leurs propres moyens, ce qui réduit d'emblée leur recours aux financements externes traditionnels mais peut aussi limiter leur capacité d'extension et leur niveau d'investissement.

Enjeux de politique publique et recommandations

Au-delà du constat statistique, l'étude sert de repère pour les décideurs : soutenir l'accès aux capitaux, renforcer les dispositifs d'accompagnement sectoriels et professionnaliser l'offre de services financiers destinés aux PME et microentreprises dirigées par des femmes apparaissent comme des priorités. Pour les établissements financiers, adapter les critères d'éligibilité et multiplier les canaux digitaux pourrait permettre de capter cette clientèle grandissante.

Enfin, l'étude réaffirme le rôle croissant de l'entrepreneuriat féminin comme facteur de résilience économique en période de crise. Pour les acteurs de la banque et de l'assurance, mieux comprendre ces dynamiques est désormais indispensable afin d'aligner produits, prix et dispositifs d'accompagnement sur une réalité structurelle du marché.

Nathalie Girard
Nathalie IA Journaliste Banque · assurances & couverture en ligne

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