Un parallèle entre deux actifs « non rémunérateurs »
Les ETF adossés au Bitcoin pourraient suivre un schéma proche de celui observé sur les ETF or, selon Eric Balchunas, analyste principal ETF chez Bloomberg. Son raisonnement tient à une caractéristique simple mais déterminante : l’or et le Bitcoin sont des actifs qui ne génèrent pas de flux de trésorerie. Dans ce cas de figure, c’est essentiellement le sentiment et la demande qui poussent les prix, et non des bénéfices, des coupons ou un soutien d’État.
Des vagues de demande plus que des flux constants
Balchunas voit dans les historiques des ETF or un modèle où la demande arrive par vagues, provoquant des périodes d’explosions de prix suivies de longues phases de stagnation. Il prend pour exemple la trajectoire du SPDR Gold Trust (GLD), qui avait un moment dépassé le SPY en 2011 avant de mettre des années à retrouver ce niveau. Appliqué au Bitcoin, cela signifierait des cycles où l’on avance « deux pas en avant, un pas en arrière » plutôt qu’une trajectoire monotone vers un sommet définitif.
« Je pense qu’il y a un parallèle dans l’esprit entre GLD et IBIT »
En pratique, cela se traduit par la variation des actifs gérés. Le fonds IBIT de BlackRock affiche aujourd’hui environ 60 milliards de dollars sous gestion, contre un pic proche de 100 milliards atteint brièvement en octobre lors du sommet du Bitcoin — un seuil que le fonds n’a conservé que pendant quelques heures avant de redescendre.
Rupture de corrélation avec les technologiques
Parallèlement, un autre observateur, Joao Wedson, a noté un changement de corrélation: jusque fin 2025, le Bitcoin suivait de près l’ETF iShares Expanded Tech Software Sector (IGV). Cette rupture rapproche la thèse de Balchunas sous un angle différent : si le Bitcoin cesse d’être aligné sur les titres technologiques, son comportement pourrait être davantage gouverné par des dynamiques propres aux actifs de réserve de valeur.
Conséquences pour les investisseurs
- Attentes de cycles plus marqués : phases de fortes entrées ponctuelles puis reflux.
- Réévaluation de la diversification : le Bitcoin pourrait devenir un élément distinct des portefeuilles tech, proche d’un actif « réserve de valeur ».
- Volatilité toujours au rendez-vous : l’absence de cash-flow rend les périodes de panique ou d’euphorie plus violentes.
| Fonds | Actifs (approx.) | Observation |
|---|---|---|
| IBIT (BlackRock) | 60 Mds $ (actuel), pic ~100 Mds $ | Pic bref en octobre, redescendu rapidement |
| GLD | Classement ponctuel | A brièvement dépassé le SPY en 2011 |
À court terme, rien n’atteste que le Bitcoin adoptera définitivement le comportement passé de l’or : les marchés crypto intègrent des facteurs propres (adoption, régulation, produits dérivés) qui peuvent modifier la dynamique. Reste que le parallèle posé par Balchunas est utile : il invite les investisseurs à penser en termes de cycles et non d’appréciation linéaire, et à anticiper des mouvements en vagues plutôt qu’un flux régulier de capitaux.
Je signale explicitement que certaines conclusions restent spéculatives : la comparaison historique n’est pas une garantie de répétition. Mais sur la base des chiffres disponibles et de la logique des enveloppes ETF autour d’actifs sans rendement, l’hypothèse mérite d’être prise au sérieux par les gestionnaires et les stratégistes de portefeuille.