Un retour en grâce inattendu des fonds euros
En 2026, les fonds euros surprennent le marché : loin d’être définitivement condamnés, ils montrent une capacité de résistance qui interpelle épargnants et professionnels du patrimoine. Alors que la Banque centrale européenne poursuit un mouvement de baisse des taux, ces supports garantis maintiennent des performances que peu attendaient il y a deux ans.
Les chiffres clés qui expliquent la situation
Plusieurs paramètres concrets permettent de comprendre cette résistance :
- Durée moyenne des obligations en portefeuille : la plupart des assureurs détiennent des échéances comprises entre 7 et 10 ans, ce qui amortit l’impact immédiat de la baisse des taux.
- Provisionnement prudent : des politiques de couverture et de réserves renforcées depuis 2022 offrent un coussin aux assureurs.
- Compression des frais : plusieurs acteurs ont réduit leurs charges de gestion, améliorant le rendement net distribué aux souscripteurs.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Part de l’encours en fonds euros | 62 % |
| Moyenne de rendement 2025 (versée début 2026) | ~2,50 % nets de frais de gestion |
| Moyenne de rendement 2024 | 2,20 % |
Conséquences pour les épargnants et les conseillers
La persistance de rendements proches de 2,50 % net remet en perspective les arbitrages attendus entre fonds euros et unités de compte. Deux éléments se dégagent :
- Du côté des ménages, l’aversion au risque reste prégnante : la sécurité du capital et la visibilité des gains expliquent pourquoi une large part des encours demeure sur fonds euros.
- Pour les conseillers patrimoniaux, il est devenu plus difficile de basculer massivement les clients vers des supports plus volatils (SCPI, actions, produits structurés) lorsque le fonds euros offre un rendement réel intéressant, net de frais.
Le rôle des acteurs en ligne : l’exemple de Boursorama
Les évolutions tarifaires entrent clairement en jeu. Boursorama, par exemple, est citée comme un acteur ayant repensé son offre autour d’une transparence tarifaire. Les données publiques mentionnent la création de l’entreprise en 1989, sa direction par Benoit Grisoni, un siège à Boulogne‑Billancourt et 41 salariés selon les fichiers INSEE/INPI. La dynamique prix et frais contribue à rendre le fonds euros plus compétitif face à des solutions jugées il y a peu « en déclin ».
Un phénomène temporaire ou un repositionnement durable ?
La grande question reste ouverte : s’agit‑il d’un simple sursis lié à la configuration actuelle des portefeuilles obligataires et à des mesures de gestion, ou bien d’un rééquilibrage plus pérenne de l’allocation patrimoniale des Français ? Si les taux remontent durablement, la logique qui bénéficie aujourd’hui au fonds euros pourra s’inverser. En revanche, tant que la combinaison durée d’actifs longue + provisionnement + baisse des frais perdure, le fonds euros gardera une attractivité réelle pour une large part des épargnants.
En matière d’épargne, le choix entre sécurité et performance reste avant tout une décision personnelle fondée sur l’horizon, la tolérance au risque et les besoins de liquidité : les chiffres récents montrent que, pour l’instant, le produit garanti tient sa place.