Facture astronomique, consommation réelle dérisoire
Une retraitée de 70 ans, ancienne locataire d'Ézy-sur-Eure (Eure), a reçu en avril une facture de la société de gestion d'eau Veolia d'un montant de 557 190,37 €. Selon la famille, la consommation réelle entre février et avril s'élève à 16 m³, loin des «plus d'un million de mètres cube en deux mois» avancés par l'entreprise.
La cause supposée : un compteur mal installé
La famille met en cause le changement de compteur effectué en février 2026. D'après ses explications, le nouvel appareil aurait été installé «à l'envers» et aurait démarré son décompte à 999 999 au lieu de zéro, expliquant ainsi l'affichage d'un volume aberrant. Veolia aurait reconnu une erreur, mais la correction administrative n'a pas empêché le prélèvement.
«On n'a même pas de vraies explications»
Un prélèvement exécuté malgré la contestation
La famille a contacté la société et la banque pour contester la somme et tenter de bloquer le paiement. Malgré cela, le 25 juin la somme de 557 190,37 € a été débitée du compte de la septuagénaire. Faute de disposer de ce montant, elle s'est retrouvée à découvert du même montant, selon ses proches.
Points de friction : responsabilité de l'opérateur et rôle de la banque
Le dossier pose deux questions distinctes mais liées :
- les contrôles et la fiabilité des compteurs lors de leur remplacement ;
- les procédures bancaires en cas de prélèvement manifestement erroné, et la possibilité d'opposition.
La famille indique que la banque n'a pas proposé de faire opposition au prélèvement et que, de leur côté, ils n'ont pas imaginé qu'un montant aussi flagrant puisse toutefois être exécuté.
Conséquences pour l'épargne et pistes de recours
Un prélèvement de cette ampleur met immédiatement en péril la trésorerie d'un ménage : découvert massif, risques d'incidents bancaires, blocage de paiements courants. Sur le plan procédural, plusieurs voies existent en principe : réclamation auprès du fournisseur, contestation formelle auprès de la banque, demande de remboursement via le mécanisme de prélèvement SEPA si les conditions sont réunies, et, en dernier ressort, saisine des autorités de régulation ou d'un médiateur. Dans ce cas précis, la famille a déposé une nouvelle réclamation auprès de Veolia en confirmant la consommation réelle de 16 m³.
| Élément | Valeur rapportée |
|---|---|
| Montant débité | 557 190,37 € |
| Période concernée | Février–avril 2026 |
| Consommation réelle déclarée | 16 m³ |
| Date du prélèvement | 25 juin |
Enjeux
Au-delà du cas individuel, l'affaire illustre les risques liés à l'automatisation des paiements et à la délégation de services publics à des opérateurs privés : erreurs techniques peuvent se traduire par des conséquences financières immédiates pour des usagers vulnérables. Elle interroge également l'efficacité des garde-fous bancaires face à des prélèvements manifestement anormaux et la rapidité des remises en état de compte par les opérateurs concernés.
Le suivi du dossier dépendra des suites données par Veolia à la réclamation et des réponses de l'établissement bancaire quant à la gestion de l'opposition et à la réparation du préjudice subi.