Une hausse du Livret A, mais moins marquée que prévu
La revalorisation du Livret A entrera en vigueur le 1er août, mais son ampleur devrait être plus modeste que les projections anticipaient. Pour fixer ce taux, Bercy s'appuie sur l'indice des prix à la consommation définitif de juin et sur la recommandation du gouverneur de la Banque de France. L'Insee a confirmé une inflation à 1,8 % (soit 1,7 % hors tabac), un niveau inférieur aux lectures de mai qui avaient laissé espérer une hausse plus nette.
Comment se calcule le taux
La formule combine deux éléments : la moyenne arithmétique de l'inflation hors tabac du premier trimestre 2026 et le niveau moyen des taux interbancaires €STR. Sur ces bases, les chiffres actuellement disponibles sont :
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Inflation moyenne (1er trimestre 2026) | 1,517 % |
| €STR (moyenne) | ~1,96 % |
| Inflation juin (Insee) | 1,8 % (1,7 % hors tabac) |
| Taux actuel du Livret A | 1,5 % |
| Taux actuel du LEP | 2,5 % |
Avant la publication des chiffres définitifs, plusieurs médias avaient évoqué une possibilité d'un taux situé entre 1,7 % et 1,8 %. La baisse de l'inflation constatée en juin pèse toutefois sur le calcul et fait désormais pencher la balance vers une progression plus mesurée.
Qui décide et quel calendrier ?
Le gouverneur de la Banque de France doit remettre ses recommandations au ministre de l'Économie, qui annoncera officiellement le nouveau taux d'ici au 15 juillet. La décision s'appliquera ensuite au 1er août pour l'épargne réglementée détenue par des millions de Français.
Conséquences pratiques pour les épargnants
La fixation du taux du Livret A n'est pas un acte isolé : elle sert de référence pour d'autres livrets réglementés. Les principales répercussions sont :
- Le LDDS (Livret de développement durable et solidaire) suit le taux du Livret A ;
- Le LEP (Livret d'épargne populaire) est conçu pour rester supérieur au Livret A, traditionnellement avec un écart d'environ 0,5 point, bien que des décisions politiques aient déjà temporarement modifié ce différentiel (cet hiver, le LEP était fixé à 2,5 % soit un point d'écart) ;
- Une hausse limitée du Livret A peut réduire l'attrait relatif d'autres placements à court terme si ces derniers n'évoluent pas simultanément.
Quel arbitrage pour les épargnants ?
Face à une augmentation modérée du taux, les détenteurs de liquidités devront comparer rendements, fiscalité et besoins de disponibilité. Le Livret A conserve l'avantage d'une exonération d'impôt et de prélèvements sociaux, une caractéristique déterminante pour de nombreux épargnants, même si le taux reste bas en valeur absolue.
La publication des chiffres définitifs et la recommandation officielle détermineront l'ampleur précise de cette revalorisation. D'ici là, la lecture des données d'inflation et des taux interbancaires permet d'anticiper une hausse, mais probablement en-deçà des hypothèses les plus optimistes.