Performance mesurée d’une assurance vie multisupports sur dix ans
L’Observatoire des produits d’épargne financière (Opef), rattaché à la Banque de France, a publié une simulation qui éclaire l’un des débats actuels sur l’épargne des Français : que rapporte réellement une assurance vie lorsqu’un ménage adopte une gestion prudente sur la décennie 2016‑2025 ?
La simulation porte sur un versement initial de 10 000 € réalisé en 2016 dans un contrat multisupports au profil prudent, avec une allocation de 60 % en fonds en euros à capital garanti et 40 % en unités de compte (UC). Sur la période 2016‑2025, le rendement observé, net de frais, ressort à 6,13 % par an.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Investissement initial | 10 000 € |
| Valeur au bout de 10 ans | 18 126 € |
| Gain total | 8 126 € |
| Rendement annuel net | 6,13 % |
| Inflation moyenne 2016‑2025 | 1,85 % |
Contexte : pourquoi l’assurance vie attire alors que le Livret A perd du terrain
Le basculement des comportements d’épargne s’observe aussi dans les préférences déclarées : malgré sa popularité, le Livret A a vu son taux ramené à 1,5 % en août 2025 (contre 3 % auparavant), ce qui alimente la recherche d’alternatives. Un baromètre Ifop cité dans le rapport note que, pour la deuxième année consécutive, 13 % des sondés préfèrent laisser tout leur argent sur leur compte courant plutôt que d’investir, soit une hausse de +7 points par rapport à 2024.
Ce que la simulation signifie pour l’épargnant
- Protection partielle du capital : la part en fonds en euros (60 %) garantit le capital initial, tandis que les UC (40 %) exposent à la volatilité des marchés mais contribuent au rendement total.
- Rendement réel positif : avec une inflation moyenne de 1,85 % sur la période, le rendement de 6,13 % par an emporte un gain réel notable sur la décennie étudiée.
- Importance de l’allocation : la performance affichée dépend directement du mix fonds euros / UC et du profil prudent choisi ; d’autres allocations, plus offensives ou plus défensives, donneraient des résultats différents.
Limites et portée de l’analyse
La simulation de l’Opef concerne un cas précis : un investissement en 2016 dans un contrat multisupports à profil prudent. Elle ne prédit pas l’avenir ni ne garantit qu’un investissement réalisé aujourd’hui affichera la même performance : les marchés ont nourri la performance 2016‑2025, et les conditions financières futures peuvent évoluer. En outre, le rendement mentionné est net de frais au titre de l’étude, mais les frais effectifs varient selon les contrats et les distributeurs.
Conséquences pratiques pour les épargnants
Face à un Livret A à 1,5 % et à la hausse du nombre d’épargnants gardant leur trésorerie en compte courant, l’étude de l’Opef fournit des repères chiffrés : l’assurance vie multisupports, même en gestion prudente, a pu offrir, sur la dernière décennie, un rendement significativement supérieur à l’inflation et aux placements réglementés. Il reste cependant crucial d’examiner les frais, la fiscalité selon la durée de détention et l’horizon patrimonial avant d’arbitrer entre produits.
En pratique, comparer :
- le taux du Livret A (1,5 % depuis août 2025),
- la performance historique d’un contrat (ici 6,13 % net sur 10 ans pour la simulation),
- et l’impact de l’inflation (1,85 % annuel moyen sur la période),