Qu'est-ce qui change au 1er juillet 2026 ?
À compter du 1er juillet 2026, les travailleurs relevant de cas particuliers prévus par la loi conserveront, même en cas de retraite anticipée, la possibilité de percevoir jusqu'à 75 % de leur pension. Cette disposition s'inscrit dans l'évolution législative et réglementaire ordonnée par le Code du travail de 2019, le décret 135/2020/ND-CP et la loi d'assurance sociale de 2024.
Les âges de départ et l'évolution jusqu'en 2035
Depuis le 1er janvier 2021, l'âge légal de départ à la retraite pour les salariés exerçant dans des conditions normales est fixé comme suit, puis augmente progressivement :
- Hommes : 60 ans et 3 mois (depuis 2021), avec une augmentation de 3 mois par an jusqu'à atteindre 62 ans en 2028.
- Femmes : 55 ans et 4 mois (depuis 2021), avec une augmentation de 4 mois par an jusqu'à atteindre 60 ans en 2035.
Pour 2026, le régime institutionnel précise les âges suivants pour les travailleurs dans des conditions normales : 61 ans et 3 mois pour les hommes et 56 ans et 8 mois pour les femmes.
Qui peut partir en retraite anticipée ?
La loi prévoit des départs anticipés pour des catégories précises. L'une des mesures phares est la possibilité d'une retraite anticipée de 5 ans pour des salariés remplissant des conditions particulières de durée de cotisation et d'exposition au travail pénible ou dangereux.
Sont notamment concernés :
- Les personnes ayant cotisé au régime d'assurance sociale obligatoire pendant au moins 15 ans et ayant exercé des activités reconnues comme pénibles, dangereuses ou particulièrement pénibles, ou travaillant dans des zones à conditions socio-économiques difficiles (avec coefficient d'allocation régionale ≥ 0,7 avant le 1er janvier 2021).
- Les travailleurs ayant cotisé 15 ans ou plus et dont la capacité de travail est réduite entre 61 % et moins de 81 %.
- Certains personnels militaires et de la sécurité : officiers et soldats professionnels de l'Armée populaire, officiers, sous-officiers et personnels techniques de la Sécurité publique populaire, ainsi que le personnel rémunéré travaillant dans le domaine de la cryptographie (selon les précisions légales).
Quel âge pour partir si l'on bénéficie de la retraite anticipée de 5 ans ?
Pour les personnes entrant dans le dispositif de retraite anticipée de 5 ans, les âges de départ deviennent :
| Sexe | Âge légal normal (2026) | Âge avec retraite anticipée de 5 ans |
|---|---|---|
| Homme | 61 ans et 3 mois | 56 ans et 3 mois |
| Femme | 56 ans et 8 mois | 51 ans et 8 mois |
Conséquences financières et protections
La mesure garantissant un versement pouvant atteindre 75 % de la pension pour ces situations protège des pertes importantes de revenu au moment du départ anticipé. Elle confirme la volonté du législateur de compenser, au moins partiellement, l'impact financier d'un départ avant l'âge plein pour des populations exposées à des conditions de travail dégradées ou à une incapacité de travail partielle.
Ce qu'il reste à préciser
Si le texte fixe les grandes lignes — âges, catégories éligibles, durée minimale de cotisation —, des précisions réglementaires ou administratives peuvent être nécessaires pour l'application pratique : définition exhaustive des activités « pénibles », modalités de reconnaissance de la réduction de capacité de travail, et modalités de calcul précis du taux de pension applicable jusqu'à 75 % dans chaque situation. Les intéressés devront suivre les communications des organismes compétents pour connaître les procédures de demande et d'examen.
Au-delà de ce calendrier, cette réforme illustre une tendance : concilier l'augmentation progressive de l'âge légal de départ avec des dispositifs protecteurs pour les travailleurs les plus exposés, afin d'éviter que l'allongement des carrières n'accroisse les inégalités face à la perte d'autonomie et à l'usure professionnelle.