Contexte et constat
Le Rapport sur la stabilité financière 2025 souligne que les augmentations salariales validées lors du dialogue social d’avril 2024 ont injecté des ressources supplémentaires dans les caisses de retraite marocaines. Ces hausses ont permis une progression des cotisations et ont amélioré certains indicateurs financiers des principaux régimes. Mais, avertit le rapport, cette embellie reste éphémère et n’efface pas les déséquilibres structurels.
Des gains chiffrés, pas de solution structurelle
Pour le régime des pensions civiles géré par la Caisse marocaine des retraites (CMR-RPC), les recettes additionnelles liées à la hausse de la masse salariale ont réduit la pression financière. Toutefois, le rapport estime l’horizon de viabilité de ce régime à seulement cinq à six années. Le taux de cotisation d’équilibre a été ramené de 35 % à 32 %, ce qui réduit l’écart avec le taux réglementaire de manière limitée (de sept à quatre points), sans prolonger notablement la durée de vie du régime.
Une situation contrastée entre régimes
Le régime général (RCAR-RG) présente une situation plus favorable : son horizon de viabilité est estimé à 29 ans, grâce à une assise financière plus solide consolidée par les mêmes hausses salariales. Mais le rapport rappelle que cette meilleure tenue ne signifie pas l’absence de risque à moyen et long terme : les déséquilibres de nature structurelle peuvent réapparaître si les paramètres démographiques, économiques ou de financement évoluent défavorablement.
Ce que le rapport implique pour les décisions publiques
- Les revalorisations salariales ont fourni un répit budgétaire en augmentant les cotisations, mais sans corriger les causes profondes des déficits.
- La réduction du taux de cotisation d’équilibre pour la CMR-RPC (35 % → 32 %) atténue la pression mais ne constitue pas une solution pérenne.
- Des réformes systémiques restent nécessaires pour garantir la pérennité des régimes, en particulier pour les pensions civiles.
Conséquences pour les assurés et pour la soutenabilité
Pour les assurés, le message est double : à court terme, les engagements de retraite sont moins menacés grâce aux revenus complémentaires générés par les salaires ; à moyen et long terme, l’insuffisance d’une réforme globale laisse persister une incertitude sur les prestations futures et les niveaux de cotisation. Pour les décideurs publics, le rapport constitue un appel clair à engager des mesures structurelles – ajustements paramétriques, diversification des recettes, ou redéfinition des prestations – pour éviter que certains régimes n’atteignent un point de rupture.
| Régime | Horizon de viabilité estimé | Effet des hausses salariales |
|---|---|---|
| CMR-RPC (pensions civiles) | 5–6 ans | Réduction du taux d'équilibre de 35 % à 32 % |
| RCAR-RG (régime général) | 29 ans | Assise financière consolidée |
Le Rapport sur la stabilité financière 2025 met donc en garde : sans réforme systémique, les améliorations liées aux revalorisations salariales resteront temporaires et insuffisantes pour assurer la soutenabilité des régimes de retraite marocains.