Le quatrième trimestre consécutif de recul des intentions d'embauche dans les petites et moyennes entreprises belges alerte sur une possible fragilisation du marché du travail à court terme. Pour la période juillet-août-septembre, le cabinet SD Worx estime que seulement 25% des PME ont l'intention d'engager des collaborateurs, contre 40% un an plus tôt. Parallèlement, 15% des PME se déclarent prêtes à supprimer des postes au cours du prochain trimestre, tendance plus marquée dans les entreprises de 20 à 100 salariés.
Des chiffres qui traduisent prudence et adaptation
Ces mouvements s'inscrivent dans une combinaison d'effets saisonniers et d'incertitudes structurelles. Le recul des recrutements s'explique en partie par les modalités de remplacement et de travail temporaire propres à l'été : le recours aux étudiants et aux flexijobs permet aux employeurs de combler des besoins ponctuels sans engager sur le long terme. SD Worx souligne également l'impact de l'environnement géopolitique, qui incite certaines directions à différer des engagements durables.
"Si on compare les résultats d’il y a un an où 40% des PME avaient l’intention d’embaucher des collaborateurs, on remarque qu’aujourd’hui on n’est plus qu’à 25%, ce qui est une grosse diminution," confie Georges Verleyen, directeur PME Bruxelles Wallonie de SD Worx.
Concrètement, cette conjonction de facteurs a plusieurs implications :
- pour les salariés et candidats, une contraction des opportunités d'embauche en CDI ou à long terme ;
- pour les employeurs, une préférence accrue pour des solutions flexibles (contrats courts, temps partiel, flexijobs) afin de gérer l'incertitude ;
- pour le marché du travail régional, un risque de hausse du recours aux licenciements dans les PME de taille intermédiaire si l'activité se dégrade.
Variations selon les régions et secteurs
SD Worx relève en outre des disparités régionales : Bruxelles résiste mieux, portée notamment par des perspectives plus favorables dans la finance et l'Horeca. À l'inverse, la Flandre et la Wallonie affichent un repli plus prononcé des intentions d'embauche. Le phénomène trouve aussi des racines sectorielles : certains domaines à forte saisonnalité ou exposés aux tensions sur la demande se montrent plus prudents.
| Indicateur | Valeur (source SD Worx) |
|---|---|
| Intention d'embauche (année précédente) | 40% |
| Intention d'embauche (actuelle) | 25% |
| PME prêtes à licencier | 15% |
Ce que cela signifie pour la France
Si les données portent sur la Belgique, elles constituent un signal utile pour l'économie française : les PME européennes partagent souvent des mécanismes de recrutement et de gestion des effectifs similaires face à l'inflation, la pression sur les marges et les incertitudes géopolitiques. Les entreprises françaises devront suivre l'évolution des mécanismes de flexibilité (notamment l'essor des emplois temporaires) et l'impact sur la qualité des embauches à long terme.
Au-delà des chiffres, la trajectoire des prochains trimestres sera déterminée par la capacité des PME à transformer la flexibilité en relance d'activité durable, et par l'évolution de la demande dans les secteurs clefs. En l'état, les signaux envoyés par SD Worx invitent à la prudence : moins d'embauches structurantes et une attention accrue aux coûts salariaux et aux formes contractuelles alternatives.