Un marché qui « résiste » mais se réarme géographiquement
Sur un an lissé à fin juillet, les prix de l'immobilier ancien dans les Alpes‑Maritimes affichent une hausse de +2,4 %. Cette progression intervient dans un contexte de taux d'emprunt en hausse et d'incertitudes internationales. Les chiffres communiqués par la Chambre des notaires du département montrent un marché qui ne s'effondre pas : il se transforme.
Le mouvement observé n'est pas homogène : alors que les secteurs littoraux et très demandés s'ajustent, une partie des acquéreurs se replie vers des communes moins chères, ce qui entraîne des augmentations mécaniques et parfois spectaculaires dans ces zones.
« Le marché résiste bien, cela montre que l'immobilier demeure une valeur refuge »,
Stéphane Paolino, notaire à Cagnes‑sur‑Mer et chargé des questions immobilières à la Chambre des notaires des Alpes‑Maritimes
Volumes : stabilité malgré la prudence
Les volumes de transactions confirment cette résistance. À fin juillet, 18 318 appartements anciens ont été vendus contre 19 133 un an plus tôt ; pour les maisons, on comptabilise 3 415 ventes contre 3 512 l'année précédente. Ces chiffres traduisent une dynamique proche de la stabilité plutôt qu'un effondrement de l'activité.
Des hausses locales marquées
La dispersion des évolutions locales est la clef pour comprendre le marché : les acquéreurs privilégient des secteurs « abordables », ce qui fait mécaniquement monter les prix dans ces territoires. Parmi les hausses notables :
- Carros : +16,7 % sur un an
- Nice Grand Nord : +12,2 %
- Saint‑André‑de‑la‑Roche : +8,8 %
- Contes : +6,7 %
- Nice : +3,3 %
- Cagnes et Antibes : +3,1 %
| Type | Volume (fin juillet) | Variation annuelle |
|---|---|---|
| Appartements anciens | 18 318 | -4,3 % (par rapport à 19 133) |
| Maisons anciennes | 3 415 | -2,8 % (par rapport à 3 512) |
Conséquences et signaux pour les acheteurs et les acteurs
Concrètement, pour un ménage qui cherche à acheter aujourd'hui, la lecture est double : d'un côté, les taux plus élevés réduisent la capacité d'emprunt et incitent à la prudence ; de l'autre, la demande se réoriente vers des secteurs où le mètre carré reste plus accessible, alimentant une hausse locale. Pour les professionnels (agences, promoteurs, constructeurs), cela signifie qu'il faut calibrer l'offre non seulement en fonction du littoral mais aussi pour les communes périurbaines et rurales voisines où la demande se concentre.
Enfin, le commentaire des notaires pointe un acteur absent : l'investisseur locatif institutionnel, affaibli par la fin du dispositif Pinel et par le successeur du dispositif qui, selon eux, fonctionne mal. Cette disparition du volet investissement individuel modifie la composition de la demande : aujourd'hui, on achète majoritairement pour habiter, pas pour investir.
Au niveau national, l'exemple des Alpes‑Maritimes illustre un phénomène répandu : la montée des taux n'entraîne pas forcément une chute uniforme des prix, mais une recomposition des géographies de la demande et des trajectoires de valorisation.