Une note lourde pour l’État sur deux ans
La Commission de régulation de l'énergie (CRE) publie les premières estimations des charges de service public de l'énergie pour 2027 et réévalue celles de 2026. Selon ces projections, le coût total de l'aide aux filières renouvelables (éolien, solaire, biométhane) s'élèvera à 12,3 milliards d'euros en 2026 et à 14,2 milliards d'euros en 2027. Sur ces montants, l'État devrait supporter 9,06 milliards en 2026 et 10,67 milliards en 2027 — soit près de 20 milliards d'euros cumulés sur les deux années.
Pourquoi la facture augmente
La CRE explique que la progression entre 2026 et 2027 s'explique avant tout par la croissance des volumes soutenus, conformément à la programmation pluriannuelle de l'énergie. Autrement dit, l'augmentation des capacités raccordées (solaire, éolien, biométhane) conduit mécaniquement à des engagements plus élevés de la puissance publique via des contrats d'obligation d'achat et des contrats pour différence.
«La hausse des charges prévisionnelles entre 2026 et 2027 s’explique principalement par la croissance des volumes soutenus, conformément à la programmation pluriannuelle de l’énergie»
Des éléments d'atténuation mais pas suffisants
Malgré la hausse, la CRE note une baisse de 631,2 millions d'euros pour 2026 par rapport à son évaluation initiale de juillet 2025. Cette diminution tient à deux facteurs explicitement identifiés :
- la réduction des versements de primes pour une catégorie d'installations photovoltaïques (liées aux arrêtés dits S17 et S21) ;
- la hausse des prix prévisionnels du gaz, qui réduit mécaniquement les montants versés au titre de l'obligation d'achat du biométhane (plus les prix de marché sont élevés, moins il y a d'écart à compenser).
Ordres de grandeur et implications budgétaires
Pour situer l'impact : un supplément de l'ordre de 1,9 milliard d'euros entre 2026 et 2027 sur les charges totales représente une dépense publique non négligeable au regard des marges de manœuvre budgétaires actuelles. Ces montants alimentent le débat politique sur l'équilibre entre le soutien aux filières naissantes et la maîtrise des dépenses publiques. Les contrats en jeu ont été conçus pour accompagner le déploiement des renouvelables ; ils génèrent aujourd'hui des transferts importants lorsque les prix de marché sont bas ou que les capacités raccordées augmentent rapidement.
Tableau récapitulatif
| Année | Charges totales (Md€) | Part supportée par l'État (Md€) |
|---|---|---|
| 2026 | 12,3 | 9,06 |
| 2027 | 14,2 | 10,67 |
Conséquences et points d'attention
À court terme, ces estimations confirment une pression accrue sur le budget de l'État liée au soutien public aux renouvelables. À moyen terme, plusieurs éléments à surveiller :
- l'évolution des prix de marché (électricité et gaz) qui peut réduire ou augmenter les montants à compenser ;
- les décisions réglementaires sur les dispositifs de soutien (plafonds, révision des modalités de prime) ;
- le rythme de raccordement des nouvelles capacités, qui conditionne l'évolution des engagements financiers.
Les chiffres de la CRE servent de base au débat public et aux arbitrages budgétaires à venir. Ils soulignent que la transformation du mix énergétique, si elle est indispensable pour la décarbonation, implique des coûts publics significatifs tant que les marchés et les technologies ne réduisent pas l'écart entre prix contractuels et prix de marché.