Des écarts de prix importants sur l'alimentaire
Une étude publiée cet été par le prestataire de services de paiement Wise montre que les consommateurs suisses peuvent réaliser des économies significatives en faisant leurs courses dans les pays limitrophes. Selon l'analyse, certains produits de première nécessité, comme le beurre ou les œufs, s'achètent jusqu'à 60% moins cher chez nos voisins. Pour les catégories alimentaires globales, l'Allemagne ressort comme la destination la plus avantageuse avec des prix inférieurs en moyenne de 40% par rapport à la Suisse en 2026.
"Jusqu'à 60% d'économies"
Pour établir sa comparaison, Wise a confronté les prix moyens relevés dans les principaux distributeurs suisses (Migros, Coop, Aldi, etc.) à ceux des enseignes des pays frontaliers (Aldi, Lidl, Rewe, Carrefour, Intermarché, etc.). Afin d'homogénéiser la lecture, l'étude remplace la TVA locale par la TVA suisse et retient un prix moyen par produit pour lisser les différences entre détaillants.
Au-delà de l'alimentation : droguerie et produits luxe
Si l'alimentaire présente le gain le plus net, Wise note aussi des disparités sur les produits d'entretien et de droguerie : l'Allemagne offre une marge moyenne d'économie de 17% sur ces articles. En revanche, la France et l'Italie ne sont pas toujours compétitives sur cette catégorie, affichant respectivement des écarts de +7% et +12% — c'est‑à‑dire des prix parfois supérieurs à ceux pratiqués en Suisse. Quant aux produits dits de luxe, les marges de gains sont plus limitées, selon l'étude.
Pourquoi de telles différences ?
L'écart s'explique par plusieurs facteurs : un coût de la vie généralement moins élevé dans certains États voisins, l'effet du franc suisse jugé « fort » par rapport à l'euro, et des structures fiscales et commerciales différentes. La TVA joue aussi un rôle : la Suisse applique un taux réduit sur certains biens (2,6% sur une base de comparaison retenue ici), tandis que des taux plus élevés existent chez les voisins — mais les acheteurs transfrontaliers ont parfois la possibilité de demander un remboursement de TVA.
Conséquences pratiques pour les ménages
Pour un foyer suisse, ces écarts peuvent transformer le budget courses : sur un panier mensuel typique, une réduction moyenne de 40% sur l'alimentaire se traduit par plusieurs dizaines à quelques centaines d'euros d'économie par mois, selon la taille du ménage et ses habitudes de consommation. Pour ceux qui vivent près de la frontière, le recours régulier aux supermarchés allemands ou français demeure une stratégie bien connue pour préserver le pouvoir d'achat.
- Allemagne : alimentaire - 40%, droguerie - 17%
- France : droguerie + 7% (par rapport à la Suisse)
- Italie : droguerie + 12% (par rapport à la Suisse)
| Catégorie | Allemagne | France | Italie |
|---|---|---|---|
| Produits alimentaires (moyenne) | -40% | non précisé | non précisé |
| Droguerie (moyenne) | -17% | +7% | +12% |
Au-delà des chiffres, cette étude rappelle que la consommation transfrontalière reste un levier tangible pour certains ménages confrontés à l'inflation et à la hausse des coûts quotidiens. Elle souligne aussi les limites : déplacement, temps, et éventuelles formalités liées aux remboursements de TVA peuvent tempérer l'avantage. Pour les décideurs, ces écarts constituent un signal sur la compétitivité des prix et la pression sur le pouvoir d'achat des foyers.