Pourquoi la hausse du Livret A sera modeste au 1er août
La revalorisation semestrielle du Livret A ne dépend pas seulement de l'évolution des prix ou des attentes des épargnants : elle suit une formule officielle combinant l'inflation hors tabac et le taux interbancaire €STR. Pour le premier semestre 2026, les données disponibles portent la moyenne de l'€STR à 1,95857 % et l'inflation hors tabac à 1,517 %. Appliquée telle quelle, la mécanique arithmétique conduit la Banque de France à un résultat de 1,738 %, qui sera ensuite arrondi au dixième le plus proche.
En pratique, cet arrondi transforme 1,738 % en un taux légal de 1,70 % pour le Livret A. C'est cette règle d'arrondi — peu médiatisée — qui explique pourquoi de nombreux scénarios optimistes évoquant 1,8 % ne se matérialiseraient pas sans une intervention politique.
La marge laissée à l'État : un « coup de pouce » possible
La formule n'est pas totalement souveraine : les pouvoirs publics peuvent exceptionnellement décider d'une dérogation et fixer un taux supérieur au résultat strict de la formule. Dans ce cas, un « coup de pouce » porterait le Livret A à un niveau supérieur (par exemple 2,0 % dans certains scénarios évoqués). Mais une telle décision reste politique et pèserait sur le coût pour l'État et les banques ; elle n'est donc pas automatique.
- Données clés utilisées : €STR moyen semestre = 1,95857 %, inflation hors tabac semestre = 1,517 %.
- Résultat brut issu de la formule : 1,738 %.
- Application de l'arrondi au dixième le plus proche → 1,70 % (taux légal attendu).
| Élément | Valeur |
|---|---|
| €STR (moyenne semestre) | 1,95857 % |
| Inflation hors tabac (moyenne semestre) | 1,517 % |
| Résultat combiné | 1,738 % |
| Taux légal après arrondi | 1,70 % |
Conséquences pour les épargnants
Un Livret A porté à 1,70 % représente une amélioration par rapport à 1,5 %, mais reste modeste face à l'inflation. Les arbitrages pour les ménages dépendront donc de leur horizon et de l'appétence au risque : maintien de liquidités dans un produit garanti et défiscalisé versus orientation vers des placements plus rémunérateurs mais fiscalisés ou moins liquides. Si l'État décide d'un relèvement au‑delà de la formule, l'impact serait favorable aux détenteurs du Livret A mais coûterait à l'ensemble des finances publiques.
Ce qui reste à suivre
La décision finale est attendue dans les jours précédant le 15 juillet, date à laquelle Bercy et la Banque de France arrêtent les chiffres définitifs. Les petites variations de l'inflation ou de l'€STR pourraient encore modifier la troisième décimale, mais pas l'arrondi qui, tel qu'il est, verrouille le taux attendu à 1,70 % sauf intervention politique.
Pour les épargnants, l'essentiel est de comprendre que la mécanique de calcul — et non seulement l'évolution des prix — peut limiter une hausse et que toute revalorisation plus marquée dépendra d'un choix gouvernemental explicite.