Les grands chiffres
La dernière enquête OpinionWay conduite pour la Caisse d'Épargne dresse un portrait contrasté de la culture financière des Français. Sur un échantillon représentatif de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus, interrogées en ligne du 19 au 22 juin, le niveau de notoriété des placements varie fortement selon les produits.
| Produit | Taux de connaissance |
|---|---|
| Livret A | 91 % |
| Assurance vie | 71 % |
| PEL | 69 % |
| LDDS / PER | ~60 % |
Des placements financiers encore peu identifiés
Les produits orientés vers les marchés ou l'investissement organisé — PEA, comptes titres, comptes à terme, ETF — recueillent une notoriété nettement plus faible. Les actifs numériques ne font pas exception : leur connaissance n'est pas massive, même chez les plus jeunes.
- Les cryptoactifs sont connus par 34 % des répondants ; ce taux s'élève à 40 % chez les 18-24 ans et les 35-49 ans, et atteint 35 % chez les moins de 35 ans.
- Les ETF sont quasi inconnus des 18-24 ans (8 %) et restent peu repérés des 25-34 ans (17 %).
Perceptions et usages : le Livret A comme boussole
Au-delà de la notoriété, l'étude interroge l'image que les Français se font des produits. Le Livret A est perçu d'abord comme un instrument de précaution : 52 % des personnes qui le connaissent y voient un produit de sécurité. Chez les jeunes, il remplit aussi une fonction d'initiation.
« Un jeune de moins de 35 ans sur quatre connaissant le Livret A voit dans ce produit un moyen d'épargner avant d'investir dans d'autres produits ou supports. »
Dans le détail, 26 % des 18-35 ans et 34 % des 18-24 ans utilisant ou connaissant le Livret A le considèrent comme une étape avant d'engager leur argent ailleurs, contre 17 % en moyenne parmi l'ensemble des connaisseurs. Par ailleurs, un jeune de moins de 35 ans sur cinq dit placer sur le Livret A parce qu'il « ne sait pas où placer son argent » (≈ 20 %).
Conséquences et arbitrages
Ces résultats ont plusieurs implications pour les acteurs du secteur :
- le fort ancrage du Livret A conforte son rôle d'épargne de court terme et d'urgence, mais signifie aussi que des capitaux restent « dormants » face aux besoins de financement de long terme ;
- la faible reconnaissance des ETF et du PEA chez les jeunes suggère une opportunité d'éducation financière ciblée si l'on souhaite orienter une part de l'épargne vers les marchés et l'investissement productif ;
- la proportion non négligeable de jeunes qui épargnent par défaut faute de connaissance plaide pour des outils d'information opérationnels et comparatifs, afin d'aider aux arbitrages entre sécurité, rendement et horizon.
Ce que cela n'explique pas
L'enquête renseigne sur la notoriété et la perception, mais pas sur les montants réellement investis ni sur l'adéquation des placements aux objectifs patrimoniaux. Elle souligne néanmoins un besoin persistant d'information claire — en particulier pour les produits financiers plus techniques — si l'on veut que l'épargne des Français serve à la fois la sécurité des ménages et le financement de l'économie.