Des pertes financières mesurables, une grève qui dure depuis mars
Les comptes du troisième trimestre de l’exercice 2026 de Metro intègrent un impact direct du conflit social : un manque à gagner de 66 millions de dollars après impôts, soit 0,32 $ par action. Le chiffre, rendu public lors de la présentation trimestrielle, est revendiqué par le syndicat comme la preuve de la capacité de l’enseigne à trouver une solution rapide au différend.
Les revendications et le message du syndicat
Le Syndicat des travailleur(euses) des épiciers unis Metro-Richelieu–CSN représente les 550 salarié·e·s actuellement en grève, une mobilisation qui dure depuis le mois de mars. Pour les représentants syndicaux, la direction dispose des ressources nécessaires pour mettre fin au conflit et répondre aux demandes des salariés.
« Metro est l’artisan de son propre malheur. Nos demandes sont raisonnables [...] Nous demandons des conditions de travail équitables, un rattrapage salarial qui nous permette de récupérer le pouvoir d’achat perdu en raison de l’inflation et une véritable reconnaissance de la contribution des employé-es au succès de l’entreprise »,
assure Matthieu Lafontaine, président du syndicat. Le propos vise à mettre en relation les bonnes performances passées de l’entreprise et la situation actuelle des employés.
Conséquences opérationnelles et relais politique
Le syndicat souligne que la grève a des effets au-delà des bilans : baisse du chiffre d’affaires, perturbations logistiques et « tablettes vides » dénoncées dans certains magasins. Le Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, par la voix de Bertrand Guibord, attribue ces difficultés à des choix stratégiques de la direction, notamment la délocalisation d’activités hors du Québec, qui aurait alourdi les coûts et les délais de transport.
Ce que disent les chiffres
| Période | Impact financier | Impact par action |
|---|---|---|
| 3e trimestre, exercice 2026 | 66 M$ après impôts | 0,32 $ par action |
Enjeux pour Metro, ses clients et ses salariés
- Pour les salariés : le conflit porte sur le pouvoir d’achat et la reconnaissance salariale après des années de hausse des prix.
- Pour l’entreprise : l’impact financier et la dégradation d’image peuvent peser sur le cours de l’action et la confiance des clients.
- Pour les consommateurs : les perturbations logistiques et les ruptures de stocks risquent de se poursuivre si l’impasse perdure.
La relecture des comptes publics met en lumière une double réalité : une perte chiffrée directement imputée à la grève et une pression accrue sur la direction pour renouer le dialogue. Reste à savoir si l’entreprise répondra aux appels du syndicat et ouvrira des négociations susceptibles de mettre fin à la mobilisation avant que les conséquences économiques et d’image ne s’aggravent.