Depuis la création du Plan d'Épargne Retraite (PER) par la loi Pacte en mai 2019, la gestion profilée à horizon (GPH) est le mode de pilotage proposé par défaut à tout nouveau souscripteur. Ce mécanisme, conçu pour simplifier la constitution d'un capital retraite, base l'allocation sur l'échéance du départ : davantage d'exposition aux actifs dynamiques (actions et unités de compte) quand la retraite est éloignée, puis sécurisation progressive à l'approche de l'âge de liquidation.
Un dispositif très répandu mais aux résultats divergents
Près de 13 millions de Français détiennent aujourd'hui un PER. Pour ceux qui n'ont jamais modifié leurs options de gestion, l'épargne est donc vraisemblablement gérée en GPH. Or, le bilan 2026 publié par Good Value for Money, cabinet d'analyse spécialisé, souligne des écarts de performance importants entre profils et fournisseurs. Ces disparités ne se limitent pas à quelques points : elles traduisent des stratégies d'allocation très différentes et, pour certains, des « erreurs d'allocation » qui peuvent peser lourd sur le capital accumulé.
La promesse de la GPH est claire : sécuriser automatiquement l'épargne en réduisant l'exposition aux actifs risqués au fil du temps. Mais dans la pratique, la mise en œuvre varie selon les gestionnaires (rythme de dé-risquage, choix des supports, frais appliqués), ce qui crée des divergences de rendement pour des profils théoriquement similaires.
Conséquences pour l'épargnant
- Risque de sous-performance : un même profil d'épargnant peut obtenir des résultats très différents selon le gestionnaire du PER.
- Impact sur le capital : des erreurs d'allocation ou des frais élevés au mauvais moment peuvent réduire significativement l'épargne disponible à la retraite.
- Opacité relative : la communication sur les paramètres exacts de la GPH (rythme de dé-risquage, choix des unités de compte) n'est pas toujours homogène entre opérateurs.
Ces éléments placent l'épargnant face à un double défi : comprendre le mécanisme par défaut et vérifier si les choix effectués automatiquement correspondent réellement à son profil et à son horizon. La facilité d'adhésion au PER via la GPH ne doit pas masquer l'importance d'une vigilance régulière sur les performances et l'allocation.
Que peut faire l'épargnant ?
Sans prôner une option plutôt qu'une autre, il est utile de rappeler quelques étapes de vérification : demander le détail de la politique d'allocation en GPH, comparer les performances des profils similaires entre différents gestionnaires et s'intéresser aux frais facturés sur les supports en unités de compte. Une comparaison éclairée permet d'identifier d'éventuelles anomalies ou désadaptations entre la stratégie automatique et les objectifs personnels.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Nombre de Français détenteurs d'un PER | 13 millions |
| Mode de gestion par défaut créé par la loi Pacte | Gestion profilée à horizon (GPH) |
| Source du bilan | Good Value for Money — Bilan 2026 |
Le constat dressé par le cabinet d'analyse invite les autorités, les distributeurs et les conseillers à plus de transparence et d'homogénéité sur la façon dont la GPH est construite et présentée aux souscripteurs. Pour l'épargnant, l'enjeu est concret : s'assurer que le confort apparent de la gestion automatique ne se traduise pas, à long terme, par des pertes de rendement évitables.