Le prêt moyen remonte : combien et pourquoi
Selon l'étude « Le financement de l'habitat en 2025 » publiée par l'ACPR, le montant moyen des prêts immobiliers en 2025 s'établit à 193 948 €, soit une hausse de 5,8 % sur un an (après un recul à 183 354 € en 2024). Ce niveau reste néanmoins inférieur au pic constaté en 2022 (207 537 €), mais il traduit un redressement de la demande et de la capacité d'emprunt des ménages.
Ce que cela signifie pour les mensualités et les durées
Concrètement, cette remontée du montant moyen intervient dans un contexte de taux qui se sont stabilisés après un cycle de remontée fin 2021-début 2024. L'ACPR indique que le taux moyen à l'octroi a atteint 3,08 % en décembre 2025. Pour un foyer qui emprunte le montant moyen, la durée, le taux et l'apport restent déterminants pour calculer la mensualité réelle.
- Durée moyenne des nouveaux prêts : 22,4 ans.
- Durée moyenne des prêts en cours : 16,4 ans.
- Taux d'effort moyen : 30,4 %.
Répartition des finalités : primo-accédants et investissement
L'année 2025 marque une progression de la part des primo-accédants dans la production de prêts, à 43,7 %, alors que le financement pour l'investissement locatif recule à 12,0 % contre 14,9 % en 2024. Autre enseignement : l'essentiel du crédit est toujours destiné à l'achat de logements déjà construits.
« La grande majorité de la production est toujours destinée à l'acquisition de biens existants (77,6% sur l'année 2025) »
Structure des prêts : neuf, travaux, acquis existants
La ventilation par type d'opération montre des tendances lourdes :
| Type d'opération | Part en 2025 |
|---|---|
| Achat de biens existants | 77,6 % |
| Achat de logements neufs / gros travaux | 20,8 % |
| Prêts pour travaux | < 2 % |
Interprétation et conséquences pour les ménages
Traduit en termes concrets : une hausse du montant moyen renvoie soit à des prix d'achat plus élevés, soit à une plus grande capacité d'endettement des acheteurs (durées plus longues, apport différent, ou taux plus bas lors de l'octroi). Le taux moyen de 3,08 % fin 2025 a contribué à augmenter la capacité d'achat par rapport aux pics de taux, mais le poids de la mensualité reste contraint pour de nombreux ménages — le taux d'effort moyen de 30,4 % l'illustre.
Par ailleurs, la progression des primo-accédants dans la production de prêts signale un renouvellement de la demande résidentielle. En revanche, la baisse de la part destinée à l'investissement locatif peut refléter une moindre attractivité de ce segment face aux contraintes de rentabilité et à des conditions de financement moins favorables qu'avant.
Ce qu'il faut surveiller
- Les mouvements futurs des taux d'intérêt : une remontée durable pèserait sur la mensualité réelle et la demande.
- La trajectoire des prix de l'ancien : si elle repart à la hausse, les montants empruntés continueront d'augmenter.
- La capacité des primo-accédants à accéder au crédit sans allonger excessivement la durée ou dépasser un seuil d'effort soutenable.
En somme, le chiffre de 193 948 € synthétise un marché en transition : les taux retrouvant un profil plus favorable ont permis d'augmenter la capacité d'emprunt de certains ménages, mais la composition des crédits (durées longues, part des primo-accédants) et la répartition entre neuf et ancien traduisent des arbitrages qui détermineront la dynamique du marché dans les prochains trimestres.